Procès en destitution : après l’assaut du Capitole, que risque Donald Trump ?

Le deuxième procès en destitution de l’ex-président des Etats-Unis s’ouvre ce mardi au Sénat américain. Le républicain est jugé pour sa responsabilité dans l’attaque du Capitole. Sa condamnation est pourtant loin d’être gagnée.

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 Le procès au Sénat de Donald Trump s’ouvre ce mardi et devrait durer environ une semaine.
Le procès au Sénat de Donald Trump s’ouvre ce mardi et devrait durer environ une semaine. AFP/Jim Watson

Donald Trump a beau vivre en Floride depuis qu'il n'est plus président, son nom continue à hanter Washington. Après avoir été mis en accusation par la Chambre des représentants le 13 janvier, il est jugé ce mardi au Sénat pour « incitation à l'insurrection » lors de l'assaut du Capitole du 6 janvier.

Ce procès en destitution est historique à double titre. C'est la première fois qu'un président américain subit cet affront à deux reprises. Le républicain avait déjà été jugé et acquitté au Sénat, début 2020, après son « impeachment » dans l'affaire ukrainienne. C'est aussi la première fois qu'un tel procès est organisé une fois son mandat terminé. Il ne peut donc techniquement plus y avoir de destitution en cas de condamnation.

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Les avocats de Donald Trump, Bruce Castor Jr et David Schoen, comptent d'ailleurs jouer sur cet argument. Selon eux, il est inconstitutionnel pour le Sénat de juger un président qui n'est plus en exercice. De nombreux sénateurs républicains, très inconfortables à l'idée de défendre Donald Trump sur le fond, semblent d'ailleurs se rallier à cette idée.

Les experts en droit constitutionnel sur lesquels s'appuient les démocrates semblent pourtant penser le contraire et citent de précédents procès en destitution intentés contre des figures moins centrales, comme des juges. Les démocrates, emmenés par l'élu Jamie Raskin qui fera office de procureur en chef, savent bien qu'une destitution n'est plus à l'ordre du jour. Mais ils espèrent, en cas de condamnation, rendre Donald Trump inéligible lors d'un deuxième vote.

Donald Trump refuse d'être présent au procès

Pour cela, Jamie Raskin et son équipe comptent jouer sur les souvenirs encore frais des élus dont la vie a été menacée le 6 janvier. Lors de ce procès, qui se tiendra sur les lieux du crime — le Sénat est l'une des deux chambres du Capitole — les procureurs ne vont pas aligner les témoins. Le principal, Donald Trump, refuse de toute façon d'être présent. Ils ont plutôt prévu de diffuser une série de tweets et de vidéos. Objectif : prouver que les mots et les actions du président — notamment son refus d'accepter le résultat de l'élection du 3 novembre et son discours électrique devant ses partisans près de la Maison Blanche — ont bien incité à l'insurrection du 6 janvier.

Reste qu'une condamnation, qui se joue à la majorité des deux tiers des 100 sénateurs, est à ce stade peu probable. Bien que les démocrates soient désormais majoritaires au Sénat, ils ont besoin du ralliement de 17 républicains. Le chiffre semble bien trop élevé : la plupart des élus conservateurs savent qu'un tel vote pourrait leur nuire lors de prochaines élections.

80 % des électeurs républicains opposés à sa condamnation

Donald Trump reste en effet très populaire : quelque 80 % des électeurs républicains sont contre la condamnation de celui qu'ils considèrent toujours comme le leader de leur parti. Selon le même sondage Ipsos/ABC News paru dimanche, 56 % des Américains sont au contraire favorables à la condamnation de l'ex-chef de l'Etat.

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Les deux camps sont cependant d'accord sur un point : pas question de s'attarder sur ce procès à l'issue courue d'avance. La durée est encore inconnue mais ne devrait pas dépasser une semaine. Du côté des républicains, il s'agit d'éviter de remuer les souvenirs d'un épisode qu'ils préféreraient oublier. Les démocrates, eux, ne souhaitent pas que Donald Trump occupe l'agenda médiatique trop longtemps. Et ils ont besoin d'un Sénat au travail pour confirmer le reste du cabinet de Joe Biden ainsi que pour voter les premières mesures présidentielles, comme le plan de relance de près de 2000 milliards de dollars (environ 1660 milliards d'euros).