Présidentielle US : Biden et Trump galvanisent leurs camps respectifs

Dans la dernière ligne droite, les deux candidats misent davantage sur la mobilisation des électorats qui leur sont acquis que sur la conquête des indécis.

 Encouragé par les sondages, Joe Biden joue sur sa modération pour battre un Donald Trump loin de s’avouer vaincu.
Encouragé par les sondages, Joe Biden joue sur sa modération pour battre un Donald Trump loin de s’avouer vaincu. AFP/Jim Watson/Saul Loeb

Le président le répète à l'envi, les retournements de situation, il connaît. Il le sait, il joue son va-tout. Il l'a montré à Sanford, en Floride lundi soir lors de son premier rassemblement en public depuis qu'il est sorti de l'hôpital. Loin de s'avouer vaincu, il cherche à mobiliser sa base et plus précisément les hommes blancs qui n'ont pas fait d'études supérieures… Son seul espoir, c'est de les convaincre d'aller voter dans ces Etats qui sont la clé de sa réélection, Etats industriels ravagés par la mondialisation de l'économie ou Etats ruraux auxquels il a attribué des subventions agricoles records.

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Il aimerait aussi mobiliser à nouveau massivement les seniors. Il a autorisé l'émission de bons d'une valeur de 200 dollars en leur faveur, à dépenser en ordonnances. Depuis peu il termine d'ailleurs souvent ses salves de tweets par un : « Allez Voter » en majuscules! Et il a repris l'offensive contre Joe Biden qu'il présente régulièrement comme « la marionnette impuissante de la gauche radicale ».

Un climat politique « rempli de haine »

En Floride lundi, devant des milliers de supporters, blancs en grande majorité, sans masque mais avec le casque ou le t-shirt MAGA (Make America Great Again) de rigueur, il a repris ses thèmes habituels. L'économie ne pourra repartir que s'il reste aux commandes ; il fera baisser les impôts ; le virus chinois, comme il persiste à dire à la grande joie de ses partisans, sera bientôt vaincu ; le mur avec le Mexique avance ; et il est le dernier rempart contre le socialisme que son rival veut installer aux Etats-Unis.

A l’occasion de la sortie de son 22e album, Philippe Geluck, le père du Chat, illustre le Parisien-Aujourd’hui en France du mercredi 14 octobre./Philippe Geluck
A l’occasion de la sortie de son 22e album, Philippe Geluck, le père du Chat, illustre le Parisien-Aujourd’hui en France du mercredi 14 octobre./Philippe Geluck  

Son marathon électoral, lancé en dépit des appels à la prudence de ses médecins, l'a amené mardi soir en Pennsylvanie, un Etat indispensable à sa réélection mais où il dévisse dans les sondages. Aujourd'hui il s'envole pour l'Iowa, un autre Etat clé. Joe Biden, lui aussi veut faire le plein des voix dans son camp et vise particulièrement la communauté noire, qui lui est largement acquise mais sur laquelle il veut pouvoir compter. Encouragé par les sondages, il porte désormais le combat jusque dans les Etats qui semblaient acquis à son adversaire, le Nevada vendredi ou l'Ohio par exemple lundi.

Dans cet Etat qui avait voté pour Trump en 2016, il rappelle la gestion catastrophique de la crise du coronavirus, une critique que partagent désormais de nombreux seniors américains. Mais il insiste surtout sur ce qui est son atout numéro un : sa modération et sa volonté d'unir le pays après quatre années de Trump. L'aile gauche des démocrates observe avec quelque inquiétude ce rééquilibrage centriste mais pour l'instant en tout cas, fait corps avec Biden et sa colistière Kamala Harris. Sur le sujet délicat des violences raciales de l'été, il trouve un équilibre qui semble plaire : « L'Amérique n'est pas obligée de choisir entre la loi et l'ordre d'un côté et la justice raciale de l'autre, martèle-t-il. On peut avoir les deux. »

S'il est élu, Biden aura du pain sur la planche. De l'aveu même de Mitt Romney, le républicain malheureux candidat contre Obama, le climat politique actuel est « rempli de haine » et l'Amérique présente un tableau « inconvenant pour un pays libre et, surtout pour le berceau de la démocratie moderne ». « Il est temps de faire baisser la température », ajoute-t-il dans cette intervention jugée anti-Trump. Une de plus.