Présidentielle américaine : Trump réclame un test antidopage à Biden

Dans une nouvelle sortie remarquée sur les réseaux sociaux, le président américain s’est dit également prêt à se soumettre à la même contrainte avant le débat de mardi.

 Donald Trump a réclamé sur Twitter un test antidopage à Joe Biden, avant ou après le débat de mardi prochain.
Donald Trump a réclamé sur Twitter un test antidopage à Joe Biden, avant ou après le débat de mardi prochain. REUTERS/Joshua Roberts

On savait les campagnes électorales exigeantes physiquement et nerveusement. Mais à deux jours du premier débat très attendu entre Donald Trump et son opposant démocrate Joe Biden, il semblerait que le président prenne cette donnée très au sérieux.

Habitué des saillies sur Twitter, le président sortant a formulé ce dimanche une nouvelle idée étonnante. Il réclame un test antidopage à son adversaire avant ou après le débat de la présidentielle. « Ses performances lors des débats ont été INÉGALES comme jamais, pour dire les choses gentiment. Seuls des médicaments ont-ils pu provoquer ces écarts ??? », peut-on lire dans son tweet. « Naturellement, j'accepterai d'en prendre un aussi », ajoute-t-il.

Connu pour ses gaffes et dérapages, Joe Biden a admis que la confrontation télévisée serait « difficile » entre eux, qui ont dans le passé déjà menacé d'en venir aux mains. « Ce sera essentiellement attaques personnelles et mensonges », a-t-il dit au sujet du milliardaire républicain, « c'est tout ce qu'il sait faire ». « Il ne sait pas comment discuter des faits. Il n'est pas si intelligent que ça », a-t-il poursuivi.

«Vous dite un mensonge, vous le répétez encore et encore»

Le vieux routier démocrate de la politique sera comme rarement sous les projecteurs. Au nom des précautions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19, il mène une campagne plus discrète que celle tambour battant de l'ex-homme d'affaires. Après ce premier duel de 90 minutes, modéré par le journaliste de Fox News Chris Wallace, deux autres débats entre les deux candidats sont prévus avant la présidentielle du 3 novembre.

Donald Trump ne cesse de railler l'absence de dynamisme de son rival, qu'il surnomme « Joe l'endormi », voire de suggérer chez lui une forme de sénilité. Il martèle aussi que Joe Biden, pur produit de l'aile modérée du parti démocrate, est une « marionnette » de la gauche radicale.

« Il est un peu comme Goebbels », a répliqué le candidat démocrate. Selon lui, le président applique les recettes du chef de la propagande nazie Joseph Goebbels : « Vous dites un mensonge encore et encore, vous le répétez, le répétez, le répétez, pour que cela devienne un fait acquis ».

« Un menteur »

Donald Trump entend arriver au débat auréolé, auprès de sa base, du choix d'Amy Coney Barrett, une magistrate connue pour ses convictions religieuses traditionalistes, pour siéger à la Cour suprême à la suite du décès de la juge progressiste Ruth Bader Ginsburg.

Il espère qu'elle galvanisera la droite chrétienne, sur laquelle il s'est largement appuyé lors de son élection surprise il y a quatre ans, et au-delà tout le camp conservateur, afin de refaire son retard dans les sondages.

Dimanche matin, lors d'une interview sur la chaîne Fox News, il a de nouveau prédit une confirmation « rapide » par le Sénat, où son camp républicain dispose de la majorité, malgré les dernières volontés de la juge Ruth Bader Ginsburg qui avait demandé à ne pas être remplacée avant l'investiture présidentielle de janvier.

Le spectre d'une Cour suprême durablement à droite

Sauf énorme surprise, Amy Coney Barrett, 48 ans, viendra renforcer la majorité conservatrice au sein de cette institution clé qui tranche les grands débats de la société américaine.

Joe Biden a appelé le Sénat à ne « pas se prononcer » tant « que les Américains n'auront pas choisi leur prochain président ». Mais il sait que son camp ne dispose d'aucun levier pour stopper le processus. Les démocrates tentent donc d'agiter le spectre d'une Cour suprême durablement à droite pour mobiliser leur électorat.

La colistière de Joe Biden, Kamala Harris, a accusé les républicains de vouloir « détruire » l'Obamacare, la loi d'assurance santé adoptée sous la présidence démocrate de Barack Obama, et « revenir » sur l'arrêt historique qui a reconnu en 1973 un droit constitutionnel des femmes à avorter.