Présidentielle américaine : Trump peut-il encore gagner «à la régulière» ?

Oui, mais le chemin pour emporter la majorité du collège électoral est désormais très, très étroit pour le président sortant.

 Le sort de la Pennsylvanie pourrait par exemple attendre vendredi soir.
Le sort de la Pennsylvanie pourrait par exemple attendre vendredi soir. SETH HERALD/AFP

Difficile de s'y retrouver face à tant de cacophonie. Ce jeudi midi, Joe Biden semble disposer d'un avantage conséquent face à Donald Trump grâce à ses victoires dans le Wisconsin et le Michigan. On le dit même aux portes de la Maison Blanche. Seulement, les jeux sont loin d'être faits.

Au-delà des recours juridiques plus ou moins crédibles annoncés par le camp républicain, et en partant du principe qu'il remportera les 3 sièges en Alaska, bastion républicain, et que Biden remportera bien les 11 sièges de l'Arizona, on ne connaît toujours pas le verdict dans une poignée d'Etats-clés : le Nevada, 6 sièges, la Pennsylvanie, 20 sièges, la Géorgie, 16 sièges, et la Caroline du Nord, 15 sièges. 57 sièges donc.

Sur le papier, Donald Trump n'a pas le choix s'il veut poursuivre l'aventure présidentielle. Il doit s'imposer dans les quatre Etats cités. C'est la seule façon pour lui de combler l'écart. Actuellement, selon les calculs de la majorité des médias et des agences de presse, le président sortant stagne à 214 grands électeurs contre 253 pour son rival démocrate. Pour rappel, celui qui atteint la barre des 270 est déclaré vainqueur.

Un duel très serré partout

Ce jeudi midi, les deux candidats semblent au coude-à-coude dans ces différents territoires. Trump fait la course en tête en Géorgie (+23 000 voix), en Caroline du Nord (+80 000) et en Pennsylvanie (+125 000). Dans ce dernier Etat, l'écart réduit drastiquement au fil de la prise en compte du déluge de bulletins envoyés par correspondance. Alors que ceux déjà comptés sont à majorité pour Joe Biden, le clan du milliardaire a demandé à un juge local la suspension du dépouillement « en attendant plus de transparence ». Sans cette hypothétique procédure, des résultats officiels pourraient être dévoilés vendredi soir.

Joe Biden dispose lui d'un tout petit matelas d'avance au Nevada (+8000), un Etat conquis par Hillary Clinton en 2016. Près de 86 % des bulletins ont pour l'heure été comptabilisés selon le New York Times. Une mise à jour - peut-être décisive- doit avoir lieu ce jeudi après-midi, tout comme en Géorgie.

Le sort de l'Arizona pourrait tout chambouler

À première vue, le scénario est donc simple pour Trump : il faut faire un sans-faute. En réalité, à l'image de cette élection rocambolesque, qui prend des airs de poker menteur, il y a un autre Etat à suivre de près : l'Arizona et ses onze grands électeurs.

Mercredi matin (heure française), la chaîne Fox News et l'agence de presse américaine Associated Press (AP) ont colorié la région en bleu sur la carte des Etats-Unis, se basant sur un sondage parmi ceux ayant voté en avance. Seulement, le New York Times comme d'autres préfèrent rester prudents. Les derniers décomptes effectués ce jeudi matin à partir de 86 % des bulletins ne donnent qu'un maigre avantage à Biden (1 469 341 voix contre 1 400 951).

Un revirement dans cet Etat, et ce sont toutes les conjectures qui voleraient en éclats. Dans ce cas de figure, Trump, avec les trois sièges de l'Alaska, aurait donc 228 sièges, contre 253 pour son rival. Il n'aurait plus que 42 sièges à rafler, et pourrait donc se passer d'un Etat, en l'occurence la Caroline du Nord (15 grands électeurs) ou le Nevada (6), du moment qu'il gagne tous les autres. Si c'est la Géorgie qu'il laisse à son rival, il y aura alors une situation d'ex-aequo (269 chacun) ! Une chose est sûre, quel que soit le scénario, Trump ne doit pas laisser Biden emporter la Pennsylvanie, sous peine d'élimination directe.

Évidemment, ces différentes projections partent du principe que les deux camps respecteront les résultats officiels. Ce qui n'est même plus envisageable. Donald Trump a d'ores et déjà demandé de suspendre le dépouillement ou de recompter les bulletins dans trois Etats-clés en Pennsylvanie dans le Michigan et le Wisconsin. Il menace également de saisir la Cour suprême, une option à prendre avec des pincettes. Si la justice s'en mêlait, comme en 2000, le cauchemar électoral pourrait alors durer des semaines.