Donald Trump compte achever sa convalescence samedi avec un meeting en Floride

Jeudi, le président américain a accordé deux interviews à Fox News, avant et après que le médecin de la Maison Blanche a annoncé que son état était stable et qu’il pouvait renouer avec des apparitions publiques.

 Donald Trump, sur la pelouse de la Maison Blanche jeudi pour enregistrer des vidéos.
Donald Trump, sur la pelouse de la Maison Blanche jeudi pour enregistrer des vidéos.  @realDonaldTrump via REUTERS

Donald Trump devrait pouvoir reprendre ses déplacements samedi, dix jours après avoir été diagnostiqué positif au coronavirus. « Sur la base de la trajectoire des diagnostics avancés que l'équipe mène, je m'attends à ce que le président puisse reprendre ses activités publiques à ce moment-là sans risque », a affirmé le médecin de la Maison Blanche Sean Conley dans un bref compte rendu, communiqué par l'exécutif américain.

Le président « a globalement extrêmement bien réagi au traitement », et « depuis qu'il est rentré chez lui, ses examens médicaux sont restés stables et n'affichent aucune indication selon laquelle la maladie progresserait », a-t-il aussi dit. Le médecin ne précise pas si le président américain a fait l'objet d'un nouveau test depuis qu'il a quitté l'hôpital militaire Walter Reed à Bethesda (Maryland), après trois jours cacophoniques, et rejoint la Maison Blanche dans une mise en scène grandiose. Il n'évoque pas non plus l'état de santé l'épouse du président, Melania Trump, testée positive en même temps que son mari, et qui elle est restée à la Maison Blanche.

Soucieux de donner l'image d'un président en grande forme, qu'un « petit virus », comme il qualifiait la Covid-19 au printemps, n'abat pas une montagne, impatient de reprendre sa campagne électorale à trois semaines et demie du scrutin présidentiel, Donald Trump a enregistré une vidéo sur la pelouse de la Maison Blanche pour témoigner de sa magnifique forme.

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Elle s'adresse à ceux qu'il « préfère, les seniors, parce que je suis moi aussi un senior ». « Nous faisons d'énormes progrès face à cette horrible maladie, qui nous a été envoyée de Chine, et pour laquelle elle paiera le prix fort au monde et à nous », a-t-il commencé. Expliquant qu'il a été hospitalisé « très malade », le président affirme avoir reçu un traitement qui « dès le lendemain » lui aurait permis de « sortir ».

« C'est grâce à moi » : Trump promet un traitement pour les « seniors » très rapidement

Pendant son hospitalisation, l'ordonnance du patient Trump avait été publiée. Outre du Remdesivir, du zinc, de la vitamine D et de la mélatonine, il avait reçu une forte dose, unique, d'un cocktail d'anticorps de synthèses développé par la société américaine Regeneron, censé bloquer le développement infectieux du virus dans l'organisme. Expérimental, ce traitement est en phase de test, sur 275 patients, et la FDA, le gendarme américain du médicament, n'a pas encore donné son aval pour un test à plus large échelle.

« Nous allons le rendre disponible, a pourtant martelé Trump. Ce n'est qu'une affaire de semaines là où il faut habituellement deux, trois, quatre ans à la FDA, et c'est grâce à moi », a-t-il poursuivi. Ajoutant que les seniors, à qui il s'adressait, pourraient bientôt bénéficier « du même traitement, de la même cure » que lui, et « gratuitement ».

Dans la soirée, il a accordé une interview à Fox News, la deuxième de la journée. « Je pense que je vais essayer de faire un meeting de campagne samedi soir, si on a assez de temps pour l'organiser, mais nous voulons avoir un meeting, probablement en Floride, samedi soir », a affirmé le président américain.

C'est dans cet Etat clé pour le scrutin du 3 novembre que devait se dérouler le débat du 15 octobre entre les deux candidats à la présidence. Selon l'entourage de Trump, il n'y a plus de raison médicale pour que cet échange avec son rival démocrate Joe Biden soit virtuel, comme l'a décidé la commission indépendante chargée d'organiser les débats depuis les années 1980.

« C'est Nancy la Folle qui devrait être en observation »

Dans la matinée, le président avait déjà parlé sur Fox News, longuement, et de manière décousue. Au cours de cet entretien, il a notamment qualifié de « monstre » la démocrate Kamala Harris, qui avait débattu la veille avec le vice-président Mike Pence. Il a aussi jugé que son rival Joe Biden était « déficient intellectuellement ». Et il s'en est pris à deux de ses ministres les plus loyaux, Mike Pompeo et Bill Barr, fait inhabituel.

Donald Trump souffre « d'une dissociation de la réalité qui serait amusante si elle n'était pas si meurtrière », a réagi la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, en rappelant le lourd bilan des Etats-Unis, 210 000 morts. Puis elle a annoncé qu'elle allait présente une loi pour créer une commission afin d'enquêter sur les capacités de Donald Trump à diriger les Etats-Unis, conformément au 25e amendement de la Constitution américaine.

Nancy Pelosi présentera le texte en conférence de presse au Congrès, à 16h15, heure française.

« C'est Nancy la Folle qui devrait être en observation. Ils ne l'appellent pas la Folle pour rien ! », a réagi Donald Trump sur Twitter.

Cette fin de mandat et cette campagne n'ont décidément rien de commun avec toutes les autres.