Présidentielle américaine : premier débat Biden-Trump, place au choc

Le président sortant et son rival démocrate s’affrontent ce mardi dans le premier des trois débats télévisés, avant le scrutin du 3 novembre. Mis en difficulté avec les révélations fracassantes sur ses impôts, le Républicain doit repasser à l’offensive.

 Joe Biden fera valoir la transparence alors que le New York Times a révélé que Donald Trump n’a quasiment pas payé d’impôt fédéral sur le revenu ces dix dernières années.
Joe Biden fera valoir la transparence alors que le New York Times a révélé que Donald Trump n’a quasiment pas payé d’impôt fédéral sur le revenu ces dix dernières années. AFP/Jim Watson/Brendan Smialowski

A quelques heures du premier débat télévisé ce mardi entre les deux finalistes en lice pour la Maison Blanche, les révélations du New York Times risquent d'écorner un peu plus l'image de Donald Trump. Non seulement le président n'a quasiment pas payé d'impôt fédéral sur le revenu ces dix dernières années – 750 dollars l'année de son élection en 2016, une aumône –, défiscalisé ses résidences privées luxueuses et jusqu'à 70 000 dollars de frais de coiffeur, le milliardaire qui soigne sa réputation d'entrepreneur génial, se révèle en réalité un piètre gestionnaire, ultra-endetté qui plus est.

VIDÉO. Etats-Unis : Trump n'a payé que 750 dollars d'impôts en 2016

Selon le journal (pro-démocrate), la plupart des affaires de Trump, de ses golfs à ses hôtels en passant par son empire immobilier, sont dans le rouge. « Fake news », « info bidon », a aussitôt rétorqué, comme à son habitude, le président républicain sortant.

A l'évidence, cela pèsera dans le débat. Face à lui, Joe Biden fera valoir la transparence, lui qui a publié sa feuille d'impôts ainsi que toutes ses notes quand il était étudiant. Le camp démocrate a multiplié les tweets (l'arme favorite de Trump) sur les impôts moyens d'un instituteur (7239 dollars) ou d'un infirmier (10 216 dollars), ressort un vieux message du président où celui-ci posait à côté d'un empilement de dossiers : les contrats, assurait-il, de transfert de ses affaires à ses enfants. Or la presse avait révélé par la suite qu'il s'agissait d'un tas de feuilles blanches pour la mise en scène !

« Pour chaque candidat, l'enjeu du débat est moins de décliner son programme que de convaincre les électeurs, notamment les 5 à 10 % d'indécis, de sa capacité à bien gérer le pays, dit Joe Smallhoover, membre du Comité national démocrate et ex-président de l'antenne du parti en France. Biden va insister sur sa stature d'homme décent, proche des gens, à l'opposé d'un Trump élitiste et autocrate. » Donald Trump, lui, va encore appuyer sur le côté « endormi » du « vieux Joe » (77 ans) présumé sénile : le républicain n'a-t-il pas demandé qu'un test antidopage soit pratiqué avant le débat?

L'erreur d'Hillary Clinton il y a quatre ans

Ces duels, très suivis par des Américains qui se cantonnent le reste du temps aux infos télévisées locales, peuvent-ils renverser la tendance ? Pas vraiment, bien des électeurs ayant déjà fait leur choix voire voté par correspondance. Mais un dérapage, une gaffe — la spécialité de Biden ! — peuvent jouer.

Présidentielle américaine : premier débat Biden-Trump, place au choc

Exemple ? En 2016, Hillary Clinton avait commis une erreur, se souvient Smallhoover : « Alors que les candidats sont censés rester sur leur tabouret pendant que l'autre parle, Trump s'était levé et rôdait derrière elle, raconte cet avocat. Elle est restée imperturbable, alors que si elle s'était retournée pour intimer à son rival de retourner à sa place, comme un gamin pris en faute, elle aurait peut-être pris un ascendant décisif dans la campagne. »

Si les sondages continuent d'accorder une avance au démocrate, rien n'est encore joué dans cette course présidentielle, sur fond de pandémie de Covid-19 et de grave crise économique.