Présidentielle américaine : le baroud d’honneur des pro-Trump à Washington

Une marche de partisans du président sortant a été organisée samedi dans la capitale américaine pour protester contre sa défaite à la présidentielle… que le milliardaire n’a toujours pas reconnue.

 Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé ce samedi à Washington pour soutenir le président américain sortant.
Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé ce samedi à Washington pour soutenir le président américain sortant. AFP/Olivier Douliery

« Tant que Donald Trump n'accepte pas les résultats, je ne les accepterai pas non plus. » Kevin, un vétéran de 52 ans, résume bien la pensée de dizaines de milliers de manifestants qui ont défilé samedi à Washington pour soutenir le président républicain sortant. Dans la foule, plusieurs milices et groupes d'extrême droite, comme les « Proud Boys », quelques figures célèbres, comme Alex Jones, propagateur de théories du complot, mais aussi des Américains lambda, comme Kevin, venu exprès en bus de Cleveland, dans l'Ohio.

« Joe Biden n'a pas gagné et ne gagnera jamais. On ne peut pas voler une élection aux Etats-Unis », insiste-t-il en marchant vers le Congrès, une bannière étoilée à la main. Aucune preuve de fraude à grande échelle n'a été fournie jusqu'ici. Et les recours en justice des républicains sont déboutés les uns après les autres. Cela n'empêche pas Kevin d'accuser le camp démocrate d'avoir fraudé en « piratant des systèmes informatiques, en votant par correspondance ou encore en empêchant l'observation du dépouillement ».

« Donald Trump est probablement le président le plus haï mais aussi le plus aimé »

Suzanna, une habitante du New Jersey, formule les mêmes accusations. Elle réclame un recomptage des voix dans son Etat où Biden a été projeté vainqueur. Et elle reprend mot pour mot les éléments de langage de Donald Trump, qui ne cesse d'opposer « votes légaux » et « votes illégaux » : « Si Joe Biden finit par gagner, quand on aura recompté seulement les votes légaux, alors je n'aurai pas de problème à accepter les résultats. » Un tel scénario a cependant peu de chances d'arriver, selon Suzanna : « J'ai perdu toute confiance dans notre système électoral. »

À quelques mètres d'elle, une jeune femme coiffée d'une casquette « Biden » nargue les manifestants, surtout ceux - nombreux - qui ne portent pas de masque : « Bye bye les losers », « Bye bye les racistes », crie-t-elle à ceux qu'elle croise. Suzanna, qui a bien conscience d'être en territoire hostile dans cette ville à grande majorité démocrate, ne se laisse pas impressionner : « Donald Trump est probablement le président le plus haï mais aussi le plus aimé », sourit-elle sous sa casquette Trump 2020. Dans la matinée, ce dernier a traversé la foule tout en restant dans son véhicule avant d'aller… golfer. Un peu plus tard, il a tweeté une photo de la manifestation assortie d'un commentaire qui n'augure pas d'un prochain déblocage de la crise institutionnelle en cours : « Nous allons GAGNER! »