Plan de relance américain : Trump claque la porte des négociations, puis revient

L’injection de nouveaux fonds dans l’économie américaine, nécessaire alors que l’épidémie est toujours très présente, serait un bon point pour Trump à quatre semaines du scrutin présidentiel.

 En ville ou à la campagne, les Américains affichent volontiers leurs préférences politiques pour l’élection présidentielle.
En ville ou à la campagne, les Américains affichent volontiers leurs préférences politiques pour l’élection présidentielle.  AFP/Kerem Yucel

Il est de retour. Et il est plus que jamais en campagne. Le président Donald Trump, placé en quarantaine à la Maison Blanche depuis sa sortie de l'hôpital, a brutalement mis fin mardi aux négociations avec les démocrates sur de nouvelles aides aux ménages. « J'ai demandé à mes représentants d'arrêter de négocier jusqu'après les élections », a tweeté le président américain, accusant Nancy Pelosi de ne pas négocier « de bonne foi ».

La présidente démocrate de la Chambre des Représentants réclamait, 2 200 Mds$ pour les « Etats démocrates mal gérés et criminogènes » alors que son administration proposait 1 600 milliards.

« Dès que j'aurai gagné, nous voterons un grand plan d'aide qui sera centré sur les travailleurs américains et les petites entreprises », a-t-il ajouté à quatre semaines du scrutin final. Nancy Pelosi, qui, il y a deux jours, appelait le président sortant à ne « pas politiser le virus » a dû en manger son chapeau.

Biden accuse Trump de « tourner le dos » aux Américains

Après plusieurs semaines au point mort, les discussions entre la démocrate et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin pour le plan de relance, entamées il y a plus de deux mois, venaient pourtant de reprendre.

Cette décision surprise a immédiatement fait chuter Wall Street, alors que de nombreux économistes et experts ont déjà prévenu que l'absence d'un nouveau coup de pouce gouvernemental risquait de freiner la reprise économique. Elle signifie que de nombreux Américains, dont ceux qui sont au chômage, des collectivités locales et des entreprises tels les hôtels, les compagnies aériennes, les bars et les restaurants, vont être confrontés à des difficultés financières dans les prochaines semaines.

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a accusé Donald Trump de leur avoir « tourné le dos ». « Ne vous y trompez pas : si vous n'avez pas d'emploi, si votre entreprise est fermée, si l'école de votre enfant est fermée, si vous voyez des licenciements autour de vous, Donald Trump a décidé aujourd'hui que rien de tout cela, absolument rien, ne lui importait », a renchéri Joe Biden dans un communiqué.

« Prêt à signer ! Est-ce que vous m'écoutez, Nancy ? »

Cinq heures plus tard, toujours sur Twitter, Donald Trump a ouvert la porte à un compromis sur quelques mesures ciblées. Il s'est dit prêt, si le Congrès apportait son soutien à subventionner les petites entreprises, à verser de quoi aider les compagnies aériennes à payer les salaires de leurs employés plutôt qu'à les licencier, et à envoyer un chèque de 1 200 $ aux ménages pour soutenir la consommation. « Je suis prêt à signer maintenant! Est-ce que vous m'écoutez, Nancy? »

Son tweet s'adresse à son chef de cabinet à la Maison Blanche Mark Meadows, au sénateur Mitch McConnell, au républicain qui préside la Chambre des Représentants Kevin McCarthy, au président des démocrates au Sénat Chuck Schumer et bien sûr à Nancy Pelosi.

Selon le locataire de la Maison Blanche, les 25 Mds$ pour les compagnies aériennes et 135 Mds$ pour les petites entreprises peuvent être mis à disposition dès maintenant grâce à des « fonds inutilisés » du premier plan d'aide à 2 200 milliards adopté fin mars, puis rallongé de 500 milliards.

Le sujet devrait être largement débattu à Salt Lake City ce mercredi. Un débat opposera le vice-président Mike Pence avec le candidat démocrate à la vice-présidence Kamala Harris.