Ouïghours: le Canada et d’autres pays se concertent sur le mot «génocide»

« Ce mot génocide est extrêmement important et chargé dans la communauté internationale et la loi internationale », estime Justin Trudeau.

Des images d’un convoi de prisonniers ouïghours en 2019 lèvent le voile sur la répression menée par Pékin.
Des images d’un convoi de prisonniers ouïghours en 2019 lèvent le voile sur la répression menée par Pékin. Youtube War on fear

Le Canada se concerte avec ses partenaires de la communauté internationale pour établir si le mot « génocide » s’applique au traitement réservé par la Chine à sa minorité ouïghoure, a déclaré mardi le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

« Je peux vous assurer que le Canada prend très au sérieux ces allégations et qu’on travaille avec nos partenaires et la communauté internationale pour déterminer si ça s’applique effectivement » au cas des Ouïghours, comme le suggèrent « plusieurs personnes et institutions crédibles », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. « Ce mot génocide est […] extrêmement important et chargé dans la communauté internationale et la loi internationale », a-t-il dit.

Jusqu’à un million d’Ouïghours pourraient être internés

« Il ne fait aucun doute que d’énormes violations des droits de l’homme ont été signalées dans le Xinjiang », dans l’Ouest de la Chine, a-t-il ajouté. « Et nous sommes extrêmement préoccupés par cela et avons souligné nos inquiétudes à de nombreuses reprises. »

Des experts et des organisations de défense des droits de l’Homme accusent la Chine d’avoir fait interner jusqu’à un million d’Ouïghours et d’autres musulmans turcophones dans des camps de rééducation politique du Xinjiang.

La Chine dément ce chiffre et affirme que ces personnes sont emmenées dans des centres de formation professionnelle, destinés à les aider à trouver un emploi afin de les éloigner de la tentation de l’extrémisme religieux.

Peu avant la prise de fonctions de Joe Biden, les Etats-Unis de Donald Trump ont accusé la Chine de commettre un « génocide » contre les musulmans ouïghours. Les relations entre le Canada et la Chine traversent une crise sans précédent depuis l’arrestation fin 2018 de l’ex-diplomate canadien Michael Kovrig et de son compatriote Michael Spavor, quelques jours après celle d’une cadre du géant chinois Huawei, Meng Wanzhou, à l’aéroport de Vancouver. Elle avait été arrêtée à la demande des Etats-Unis qui veulent la juger pour fraude bancaire. La Chine accuse les deux Canadiens d’espionnage.