Nouvelle-Zélande : triomphe électoral de Jacinda Ardern

Le parti travailliste de la Première ministre a remporté la majorité absolue aux élections législatives ce samedi.

 Auckland (Nouvelle-Zélande), samedi. La Première ministre de Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, s’exprime au siège du parti travailliste.
Auckland (Nouvelle-Zélande), samedi. La Première ministre de Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, s’exprime au siège du parti travailliste. Reuters/David Rowland

C'est du jamais-vu en Nouvelle-Zélande. Depuis l'instauration de la proportionnelle aux élections législatives en 1996, aucun parti n'avait remporté la majorité absolue. Le parti travailliste mené par la Première ministre Jacinda Ardern a pourtant réussi ce samedi cette performance électorale.

Avec 49 % des scrutins, selon des résultats qui ne sont pas encore définitifs, sa formation devrait obtenir 64 sièges sur 120. « Merci à toutes ces personnes qui nous ont donné leur voix, qui nous ont fait confiance pour continuer à piloter la relance de la Nouvelle-Zélande », a déclaré la cheffe du gouvernement aux militants travaillistes en liesse. « Après ce résultat, nous avons un mandat pour accélérer notre réponse et la relance, et nous commencerons demain », a-t-elle dit à des journalistes qui l'interrogeaient sur ses réformes en matière sociale et environnementale.

« Félicitations à la Première ministre Jacinda Ardern, à qui j'ai téléphoné, parce que ce sont, je crois, des résultats extraordinaires pour le Parti travailliste », a déclaré la cheffe de file du Parti national, Judith Collins, membre de l'opposition. Sa formation n'est créditée que de 27 % des voix, un score qui ne lui donnerait que 35 sièges au Parlement, soit son pire résultat depuis 2002.

Jacinda Ardern, qui a eu 40 ans cet été, a surnommé le scrutin les « élections du Covid », axant sa campagne sur son bilan très solide dans la lutte contre la pandémie. La Nouvelle-Zélande, peuplée de cinq millions d'habitants, a enregistré 25 décès dus au nouveau coronavirus et la stratégie du gouvernement a été saluée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Quelle que soit la crise que je traverse, vous aurez toujours l'assurance que je donnerai tout ce que j'ai ».

La force de caractère de la Première ministre a notamment été éprouvée en mars 2019 lors de la pire attaque terroriste perpétrée dans l'histoire néo-zélandaise. Un suprémaciste blanc a froidement abattu 51 fidèles dans deux mosquées de Christchurch.

Jacinda Ardern avait alors impressionné par son attitude, sa compassion vis-à-vis des victimes, et sa réaction politique très vive, notamment sur la question du contrôle des armes et sur celle de la nécessité de pousser les réseaux sociaux à sévir contre la propagation des discours de haine.

A ce drame ont succédé une éruption volcanique qui a fait 21 morts et des dizaines de personnes grièvement brûlées en décembre et, cette année, la pandémie. « Quelle que soit la crise que je traverse, vous aurez toujours l'assurance que je donnerai tout ce que j'ai […] même si cela implique un énorme sacrifice », a-t-elle affirmé.

Sur le front de la politique intérieure, la dirigeante travailliste aura les mains plus libres, forte de sa majorité absolue. Lors de son premier mandat, elle a vu ses réformes sociales en matière d'accès au logement ou de réduction de la pauvreté infantile freinées par les blocages opérés par un de ses partenaires de coalition, le mouvement populiste New Zealand First (NZF).