Navalny emprisonné : le chef de la diplomatie européenne veut des sanctions contre la Russie

Depuis le retour en Russie et l’emprisonnement d’Alexeï Navalny, principal opposant à Vladimir Poutine, les relations diplomatiques sont de plus en plus tendues entre le Kremlin et l’Union Européenne.

 Bruxelles, mardi. Le représentant des affaires étrangères, Josep Borrell, a annoncé vouloir proposer aux Etats membres des sanctions contre la Russie.
Bruxelles, mardi. Le représentant des affaires étrangères, Josep Borrell, a annoncé vouloir proposer aux Etats membres des sanctions contre la Russie. REUTERS

Entre le Kremlin et l'Union Européenne, la tension monte de jour en jour. Ce mardi, l'Espagnol Josep Borrell Fontelles, chef de la diplomatie européenne, a déclaré vouloir « proposer aux dirigeants de l'UE des sanctions contre le Kremlin ».

« Le gouvernement russe est sur une voie autoritaire et se montre sans pitié dans l'affaire Navalny […]. Il serait bon de prévoir ses sanctions. Je vais user de mon droit d'initiative et je ferai des propositions qui combineront des actions pour lutter contre la désinformation et les cyberattaques », a-t-il déclaré lors d'un discours devant le Parlement européen à Bruxelles.

Une réaction qui fait suite à l'affront subi lors de sa visite à Moscou. Il avait très peu apprécié son entretien avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lors de son séjour du 4 au 7 février.

Une nouvelle étape dans les échanges extrêmement tendus entre États membres de l'Union et la Russie depuis plusieurs jours. Lundi, l'Allemagne, la Suède et la Pologne ont répondu à la Russie après les expulsions par Moscou de leurs diplomates jugées « injustifiées ». En guise de riposte, ils ont expulsé des diplomates russes basés sur leurs territoires respectifs.

«Ingérence dans nos affaires intérieures »

Ces expulsions sont « infondées, inamicales et s'inscrivent dans le prolongement de la série même d'actions que l'Occident mène à l'égard de notre pays et que nous qualifions d'ingérence dans nos affaires intérieures », a réagi une porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

Trois jours plus tôt, c'est bien Moscou qui avait renvoyé des diplomates de Berlin, Stockholm et Varsovie. Un renvoi « condamné avec la plus grande fermeté » par Emmanuel Macron.

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La Russie avait accusé ces représentants allemands, polonais et suédois d'avoir participé à une manifestation illégale de soutien à Alexeï Navalny pour justifier leur renvoi de Russie. Une accusation niée par leurs pays, qui assuraient que ces diplomates étaient présents sur le terrain en tant qu'observateurs.

Dans le même temps, ce mardi, les députés russes ont voté en deuxième lecture une proposition de loi durcissant les sanctions pour les infractions aux règles qui régissent les manifestations, quelques jours après la répression d'actions de protestation en soutien à l'opposant incarcéré Alexeï Navalny.

Victime d'un empoisonnement présumé cet été, l'opposant n° 1 à Vladimir Poutine avait quitté l'Allemagne mi-janvier, où il était convalescence. Il a immédiatement été arrêté par la police russe à son arrivée, puis incarcéré et condamné dans la foulée pour avoir enfreint son contrôle judiciaire, imposé dans le cadre d'une affaire de détournements. Une décision dénoncée par la Cour européenne des droits de l'Homme.

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