Méditerranée : Israël et le Liban ont entamé des discussions sur leur frontière maritime

Toujours officiellement en guerre, les deux pays veulent avancer sur un vieux dossier. La richesse en hydrocarbures des eaux disputées n’est pas le seul des enjeux.

 Un couple en visite à Rosh HaNikra, à la frontière entre Israël et le Liban, mardi. Le site est connu pour ses falaises et son gouffre.
Un couple en visite à Rosh HaNikra, à la frontière entre Israël et le Liban, mardi. Le site est connu pour ses falaises et son gouffre. REUTERS/Ammar Awad

Un round d'observation? Le Liban et Israël, toujours officiellement en guerre, ont entamé ce mercredi, pour la première fois depuis des années, des discussions pour délimiter leur frontière maritime commune.

Sous les auspices des Nations Unies et en présence d'un médiateur américain, les pourparlers ont débuté à Naqoura, au sud du Liban, vers 10h30 (9h30, heure française). Ils se sont interrompus une heure plus tard, les membres des délégations se donnant rendez-vous le 28 octobre pour un nouveau tour de table.

Les négociations se déroulent sur une base frontalière de la Finul, la force onusienne déployée pour surveiller la zone tampon entre les deux pays. L'armée libanaise et les soldats de la Finul avaient bloqué très tôt les routes menant à la base, tandis que des hélicoptères de la force onusienne survolaient le secteur.

860 km2 d'eaux territoriales au centre des tensions

Deux militaires et deux civils - un responsable de l'Autorité du pétrole et un spécialiste du droit de la mer - représentent le Liban. La délégation israélienne est composée de six membres, dont le directeur général du ministère de l'Énergie, un conseiller diplomatique du Premier ministre Benyamin Netanyahou et le chef de la direction des Affaires stratégiques de l'armée.

Craignant d'achopper sur le même écueil que lors de précédentes discussions, le Liban insiste depuis plusieurs jours sur le caractère « technique », et non politique, des pourparlers. Depuis de nombreuses années, les deux pays se disputent 860 km2 d'eaux territoriales. La création de zones économiques exclusives doit permettre de lever les obstacles à la prospection de gisements offshore d'hydrocarbures, notamment du gaz naturel.

Le Hezbollah évoque « une capitulation »

Politiquement, le Liban craint de faire un pas vers la reconnaissance d'une frontière terrestre, qui remplacerait, à terme, la « ligne bleue » tracée par l'ONU en 2000, après 22 ans d'occupation du plateau galiléen du sud Liban par les forces israéliennes. Des heurts s'y déroulent régulièrement. La classe politique libanaise, malgré l'urgence économique et sociale, est divisée : tôt ce mercredi, les deux partis chiites Hezbollah et Amal ont estimé que ces discussions représentaient « une capitulation face à la logique israélienne qui veut une forme quelconque de normalisation ». Ils ont exigé que les personnalités civiles de la délégation soient remplacées par des militaires.

D'après l'ONU, des pourparlers sur la frontière terrestre entre les deux pays seront menés séparément dans le cadre de rencontres supervisées par la Finul.