Mali : plus de 20 personnes tuées dans deux embuscades successives

L’échange de 200 djihadistes contre quatre otages européens, dont la Française Sophie Pétronin, n’a pas calmé les violences qui agitent le Mali depuis 2015 et malgré la mise en place d’un régime de transition.

 Une patrouille de l’armée malienne le 28 février dernier sur une route du centre du Mali, théâtre d’affrontements réguliers avec des groupes djihadistes.
Une patrouille de l’armée malienne le 28 février dernier sur une route du centre du Mali, théâtre d’affrontements réguliers avec des groupes djihadistes. AFP/Michele Cattani

Près de vingt personnes ont été tuées dans une série d'attaques au Mali mardi, un bilan journalier extrêmement lourd et le pire dans le pays depuis le coup d'Etat militaire du 18 août.

Jeudi dernier, quatre otages - le dirigeant de l'opposition, Soumaïla Cissé, la Française Sophie Pétronin et deux Italiens - étaient relâchés contre quelque 200 détenus réclamés par les groupes djihadistes; l'échange, auquel la France assure n'avoir pas pris part, n'a visiblement pas suscité d'accalmie sur le terrain : douze civils et onze militaires ont été tués.

Vers 1 heure du matin, un poste militaire à Sokoura, dans le stratégique cercle de Bankass, près de la frontière burkinabée, « a été attaqué par des individus armés non identifiés » selon le ministère de la Défense. Neuf soldats maliens ont été tués.

Treize assaillants ont été abattus

Un renfort dépêché sur les lieux « est à son tour tombé dans une embuscade au niveau du pont de la localité de Paroukou », selon le ministère. Là, deux autres soldats ont perdu la vie. Dans les échanges de feu, treize assaillants ont été abattus et deux de leurs véhicules détruits par l'aviation militaire.

Douze civils, des forains se rendant à la foire hebdomadaire de Bankas, ont été tués au même endroit dans des circonstances encore floues. Selon une source policière interrogée par l'AFP, les forains « suivaient le renfort de l'armée », se croyant protégés, et ont ensuite été pris pour cibles par des assaillants. Mais selon un représentant de l'Etat dans la région, s'exprimant sous couvert d'anonymat, le véhicule transportant les civils « se trouvait en première position », devant les renforts militaires, dont l'arrivée a « coïncidé » avec l'attaque.

Parmi les douze civils figuraient deux femmes et un enfant. L'armée a également fait état de dix blessés et des disparus lors de la deuxième attaque.

« Tous ces bilans sont provisoires », a dû souligner l'armée. Les attaques asymétriques contre l'armée ont fait 175 morts en six mois, selon les derniers rapports trimestriels de l'ONU.

Les attaques se multiplient

« L'ennemi est connu et le vaincre est possible », a déclaré vendredi le président de transition Bah Ndaw, en référence aux groupes djihadistes. « À défaut de gagner tout de suite cette guerre que je sais de longue haleine, nous devons remporter des victoires rassurantes », a-t-il ajouté à l'ouverture du premier Conseil des ministres du gouvernement de transition.

Le président de transition et son vice-président, le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, ont prêté serment le 25 septembre. Deux jours après, Moctar Ouane, un ancien ministre des Affaires étrangères, diplomate de carrière était chargé de former le gouvernement de transition, annoncé le 5 octobre.

La semaine dernière, au moins cinq habitants d'un village du centre du Mali, Farabougou, dans le secteur de Niono, avaient été tués par de présumés djihadistes assiégeant leur localité. Ces violences faisaient suite à l'enlèvement le 6 octobre lors de la foire hebdomadaire du village d'une vingtaine de personnes, dont neuf étaient retenues depuis.