«Les musulmans ont le droit de tuer des millions de Français» : polémique après les mots de l’ancien Premier ministre malaisien

Dans une longue diatribe sur Twitter, Mahathir Mohamad explique ne pas approuver le meurtre de Samuel Paty mais comprend la colère des musulmans et les passages à l’acte compte tenu du passé colonial.

 L’ancien Premier ministre malaisien, Mahathir Mohamad, s’est lancé dans une diatribe qui justifie les réactions de colère et les actes violents de certains musulmans.
L’ancien Premier ministre malaisien, Mahathir Mohamad, s’est lancé dans une diatribe qui justifie les réactions de colère et les actes violents de certains musulmans. AFP/Vincent Thian

Ses propos sont choquants pour un homme politique encore Premier ministre d'un pays de 32 millions d'habitants jusqu'en mars dernier. Mahathir Mohamad, 95 ans et plusieurs fois à la tête du gouvernement malaisien, s'est lancé ce jeudi sur Twitter mais aussi sur son blog dans une analyse polémique de l'attentat contre le professeur Samuel Paty.

Plusieurs de ses tweets justifiant les meurtres de Français en raison de son histoire ont déclenché de vives réactions d'internautes choqués et des signalements à la plateforme Pharos.

Le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, a lui réagi et demandé au réseau social de suspendre le compte du dirigeant malaisien.

Dans 13 posts en anglais, Mahathir Mohamad assure d'abord que l'assassinat de l'enseignant après un cours sur la liberté d'expression n'est pas « un acte que je pourrais approuver en tant que musulman ».

Il poursuit en analysant la situation en Malaisie, notamment l'influence des valeurs occidentales sur la société. En citant la manière dont s'habillent les femmes en Occident, le discours se durcit. « L'Occident ne devrait pas essayer d'imposer cela en force à d'autres civilisations. En faisant cela, il leur enlèverait leur liberté. »

Il justifie les attaques terroristes

Puis l'ancien chef du parti unique s'en prend violemment à Emmanuel Macron et à son soutien aux caricatures de Mahomet au nom de la liberté d'expression. « Macron ne montre pas qu'il est civilisé. Il est très primitif lorsqu'il blâme la religion musulmane et les musulmans pour le meurtre d'un enseignant insultant. »

Les propos basculent dès lors dans une autre dimension. « Les Français au cours de leur histoire ont tué des millions de personnes. Beaucoup d'entre elles étaient des musulmans. » « Les musulmans ont le droit d'être en colère et de tuer des millions de Français pour les massacres commis dans le passé », assure-t-il.

C'est ce passage qui a catalysé les réactions sur le réseau social et des signalements. Twitter a fini par supprimer ce tweet ou du moins le cacher en fin d'après-midi. D'autant plus que cet homme politique s'était déjà fait connaître pour des propos antisémites.

Il poursuit son raisonnement : « Mais les musulmans n'ont pas appliqué pas la loi du Talion œil pour œil. Ils ne le font pas. Les Français ne devraient pas non plus le faire. Ils devraient au contraire enseigner à leur peuple à respecter les sensibilités des autres. »

Il finit par justifier les actes violents. « Comme vous blâmez tous les musulmans et cette religion pour l'acte d'une seule personne en colère, les musulmans ont le droit de punir les Français. » Il fait ensuite référence au boycott des produits français dans le monde qui « ne peut pas compenser les actes malveillants commis par les Français pendant toutes ces années ».

Les algorithmes du réseau social n'ont de toute évidence pas filtré ces propos d'appel à la haine et à la violence.