Procès de Trump devant le Sénat : le verdict pourrait tomber dès ce samedi

Vendredi, les avocats de la défense ont délivré leur argumentaire pour contester toute implication de l’ancien président dans l’assaut du Capitole, le 6 janvier dernier. Les débats pourraient s’achever ce samedi après-midi.

Les avocats de Donald Trump (ici, Bruce Castor) ne se sont donné que quelques heures pour développer leur défense.
Les avocats de Donald Trump (ici, Bruce Castor) ne se sont donné que quelques heures pour développer leur défense. TV/Handout via Reuters

La performance de Bruce Castor, mardi, a été moquée et aurait fortement agacé Donald Trump. Cette fois, rien de tout cela, à en croire les équipes de l’ancien président américain, citées par CNN. Les avocats de Donald Trump ont achevé vendredi l’exposé de la défense de l’ex-président américain, dénonçant un procès au Sénat des Etats-Unis qui a pour objectif d’« éliminer un adversaire politique ».

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Bruce Castor, dernier des trois avocats de la défense à s’exprimer, a affirmé que l’objectif du procès était « de bannir 75 millions d’électeurs et de criminaliser les opinions politiques ». Un argument déjà répété mardi lors du premier jour de l’audience. En faisant condamner le milliardaire républicain, les procureurs démocrates veulent « éliminer un adversaire politique », a-t-il encore lancé aux sénateurs, jurés à ce procès, et qui pourront ensuite poser leurs questions aux deux parties.

« Rhétorique politique ordinaire »

Pendant près de quatre heures, les défenseurs de Donald Trump se sont efforcés de démonter la théorie selon laquelle l’ex-président aurait incité ses partisans à assiéger le Capitole le 6 janvier dernier, alors que la victoire de Joe Biden devait y être définitivement validée. Lorsque il les a ainsi exhortés à se battre, pour reprendre ses mots, il ne s’agissait là que d’une « rhétorique politique ordinaire », ont-ils défendu ce vendredi au Sénat. Ainsi, selon eux, ses mots visant à apaiser le climat de tension n’auraient pas été pris en compte par les responsables de sa mise en accusation. Ses avocats ont même tordu la réalité en affirmant que les deux premiers tweets publiés ce 6 janvier par Donald Trump appelaient tous deux au calme. Ce qui n’est pas le cas.

Ils ont vivement pris à partie les élus démocrates, les accusant d’avoir lancé cette deuxième procédure de destitution sans jamais avoir lâché d’une semelle Donald Trump au cours de son mandat. A entendre Bruce Castor, l’insurrection du 6 janvier n’en est même pas une. Le conseil va ainsi bien plus loin que les mots exprimés début janvier par Mitch McConnell, le chef de la majorité au Sénat (républicain) qui lui avait parlé d’insurrection ratée.

« Ils ont laminé légalement les procureurs »

Les procureurs démocrates, qui réclament de condamner l’ancien président à l’inéligibilité, veulent « éliminer un adversaire politique », a encore lancé Bruce Castor aux sénateurs, juges et jurés. Usant des mêmes armes que les procureurs démocrates, les avocats du milliardaire républicain ont diffusé de nombreuses vidéos, soigneusement montées, pour rappeler que leur client s’était régulièrement présenté comme le protecteur de « la loi et de l’ordre », mais aussi que ses opposants ont eux-même fréquemment tenu des discours enflammés.

Donald Trump n’assiste pas à ce procès, dont l’issue semble jouée d’avance. Il est en effet très peu probable que 17 sénateurs républicains acceptent de voter avec les 50 sénateurs démocrates pour former la majorité qualifiée nécessaire à sa condamnation. Il est « très optimiste », avait affirmé jeudi sur Fox News l’un de ses avocats, David Schoen. Une poignée d’élus du Grand Old Party ont tout de même semblé perturbés par la présentation implacable des procureurs démocrates au cours des deux derniers jours.

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D’autres ont applaudi la présentation de la défense. « Ils ont laminé légalement les procureurs », a commenté le sénateur Ron Johnson lors d’une suspension d’audience, pour qui les avocats de Donald Trump « ont surtout démontré que le Premier amendement s’appliquait aux discours politiques ». Dans la matinée, Joe Biden, qui a passé plus de 35 ans sur les bancs de la Chambre haute du Congrès, s’est dit « impatient » de voir ce que ses « amis » républicains feraient lors du vote, espérant qu’ils prendraient « leurs responsabilités ».