Le leader d’Al-Qaïda dans la Péninsule arabique est encore actif

L’ONU a annoncé son arrestation à l’automne dernier, mais il apparaît dans une vidéo où il évoque des événements du mois de janvier.

Dans cette vidéo de 2015, Khalid Batarfi, dit Abou Miqdad el-Kindi, annonce la mort d’un précédent leader d’Al Qaïda dans la péninsule arabique.
Dans cette vidéo de 2015, Khalid Batarfi, dit Abou Miqdad el-Kindi, annonce la mort d’un précédent leader d’Al Qaïda dans la péninsule arabique. AFP

Il n’a finalement pas été arrêté. Contrairement à ce qui a été annoncé la semaine dernière, le leader d’Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa) n’a pas été interpellé à l’automne 2020.

Le leader local de la nébuleuse terroriste semble être toujours actif, selon une vidéo récente le montrant, affirment ce jeudi les enquêteurs sur les groupes extrémistes du SITE Intelligence Group, et deux chefs de tribus. C’est un rapport des Nations unies qui le disait en détention.

Dans une vidéo publiée mercredi, Khalid Batarfi, dit Abou Miqdad el-Kindi et chef pendant environ un an de cette branche d’Al-Qaïda considérée comme particulièrement dangereuse, fait état de l’attaque des partisans de Donald Trump, l’ancien président américain, contre le Capitole, le siège du parlement, intervenue le mois dernier. Sur ces images d’une durée d’une vingtaine de minutes, Batarfi affirme, faisant référence aux Etats-Unis, que l’attaque contre le Congrés par les partisans de l’ex-président américain n’est que « la pointe de l’iceberg de ce qui les attend, si Dieu le veut ».

Un rapport rendu au Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) la semaine dernière affirme que Khalid Batarfi « a été arrêté en octobre au cours d’une opération à Gheïda (province de Mahra), qui a également entraîné le décès du commandant en second, Saad Atef el-Aoulaqi ». Le document ne précisait pas par qui Batarfi a été capturé, ni ce qu’il est devenu depuis. Mais selon deux chefs de tribus dans la région d’Al-Bayda au centre du Yémen, où Al-Qaïda est actif, il est fort probable que la personne arrêtée, selon l’ONU, soit un autre membre du groupe djihadiste.

Ce groupe a revendiqué l’attentat contre Charlie Hebdo

Al-Qaïda dans la Pénisule arabique a affirmé avoir nommé Batarfi, supposé avoir une quarantaine d’années, à sa tête en février 2020 après la mort de son prédécesseur Qassem al-Rimi dans une frappe aérienne américaine au Yémen. Batarfi, considéré comme un terroriste international par les Etats-Unis depuis 2018, est apparu à de nombreuses reprises dans des vidéos, selon le SITE Intelligence Group.

Créé en 2009, Aqpa est considéré par les Etats-Unis comme la branche la plus dangereuse du réseau djihadiste. Elle a profité du chaos entraîné par la guerre en cours depuis 2014 au Yémen entre rebelles et pouvoir pour renforcer son emprise dans le sud et le sud-est du pays. L’organisation a mené ces dernières années des attaques au Yémen tant contre les rebelles Houthis que contre les forces gouvernementales. Aqpa a aussi revendiqué des attaques aux Etats-Unis et en Europe, notamment celle du siège de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris en 2015, qui avait fait 12 morts, et une fusillade qui avait fait trois morts, en 2019, dans une base aéronavale américaine en Floride.

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Depuis 2017, les Etats-Unis ont intensifié les attaques contre ce groupe. Selon des experts, il a perdu de son influence. Le conseiller à la sécurité nationale du président Biden a toutefois précisé que l’armée américaine allait continuer ses opérations ciblées contre Aqpa au Yémen.