L’Iran estime pouvoir acheter des armes et des équipements militaires

Le pays affirme que l’embargo de l’Organisation des Nations unies sur les armes est levé.

 Téhéran (Iran), le 2 février 2019. Une exposition militaire est organisée à l’occasion des quarante ans de la révolution iranienne.
Téhéran (Iran), le 2 février 2019. Une exposition militaire est organisée à l’occasion des quarante ans de la révolution iranienne.  AFP/Atta Kenare

L'Iran a déclaré ce dimanche qu'un embargo de l'ONU (Organisation des Nations unies) sur les armes a désormais expiré. Téhéran, la capitale iranienne, estime que c'est le résultat de l'accord international sur le nucléaire iranien et de la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l'ONU, le gouvernement de l'institution internationale.

« A partir d'aujourd'hui, toutes les restrictions sur les transferts d'armes, activités liées et services financiers à destination et en provenance de la République islamique d'Iran […] sont toutes automatiquement levées », a indiqué le ministère iranien des Affaires étrangères. Il estime que la communauté internationale a « protégé » l'accord et marqué la « normalisation de la coopération de l'Iran avec le monde ».

Russie et Chine prêtes à prendre le marché

Aux termes de l'accord international sur le nucléaire iranien, l'embargo interdisant notamment la vente d'armes et d'équipements militaires lourds à l'Iran était censé expirer ce dimanche. « La République islamique d'Iran peut donc se procurer les armes et équipements nécessaires de n'importe quelle source sans aucune restriction légale et uniquement sur la base de ses besoins défensifs », ajoute le ministère. La République islamique « peut également exporter des armements défensifs sur la base de ses propres politiques », considèrent les Affaires étrangères iraniennes.

La Russie a confirmé en septembre sa volonté de développer sa coopération en matière militaire avec Téhéran une fois l'embargo levé ; la Chine ne cache pas non plus son intention de vendre des armes à l'Iran.

En août, les Etats-Unis ont échoué dans une tentative visant à pousser le Conseil de sécurité à prolonger cet embargo et à rétablir les sanctions internationales contre l'Iran levées aux termes du pacte. En mai 2018, le président américain, Donald Trump, a sorti unilatéralement son pays de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, à Vienne (Autriche).

Trump, seul face aux autres signataires de l'accord

Le ministère iranien a salué ce dimanche « un jour mémorable pour la communauté internationale », ajoutant que le monde s'est tenu aux côtés de Téhéran « au mépris des efforts du régime américain ». Le communiqué iranien exhorte les Etats-Unis à « abandonner leur approche destructrice vis-à-vis de la résolution 2231 », rappelant que les tentatives américaines ont été « catégoriquement rejetées à plusieurs reprises au cours des trois derniers mois par le Conseil de sécurité ».

Donald Trump met en avant, contre les autres Etats parties à cet accord avec l'Iran (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie), que ce texte n'offre pas des garanties suffisantes pour empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique. L'Iran a toujours démenti vouloir une telle arme.