Joe Biden annule l’interdiction de Trump et permet aux personnes transgenres de servir dans l’armée

« Tous les Américains qualifiés pour servir dans les forces armées des Etats-Unis devraient pouvoir le faire », défend la Maison-Blanche.

 Le président Joe Biden signe plusieurs ordres exécutifs à la Maison Blanche, le 21 janvier 2021.
Le président Joe Biden signe plusieurs ordres exécutifs à la Maison Blanche, le 21 janvier 2021.  AFP/Mangel Ngan

Une nouvelle décision controversée de Donald Trump envoyée aux oubliettes. Joe Biden a annulé ce lundi l'interdiction aux personnes transgenres de servir dans l'armée, décidée par son prédécesseur à la Maison-Blanche.

En présence de son ministre de la Défense, Lloyd Austin, et du chef d'état-major, le général Mark Milley, le nouveau président américain a signé un décret selon lequel « tous les Américains qualifiés pour servir dans les forces armées des Etats-Unis devraient pouvoir le faire », a indiqué la Maison Blanche dans un communiqué.

« Le président Biden considère que l'identité sexuelle ne devrait pas être un obstacle au service dans l'armée et que la force de l'Amérique réside dans sa diversité », ajoute l'exécutif américain.

Une force inclusive est « plus efficace »

« Permettre à tous les Américains aptes à servir leur pays sous l'uniforme est meilleur pour l'armée et meilleur pour notre pays parce qu'une force (armée) inclusive est une force plus efficace », poursuit le communiqué. « Plus simplement, c'est ce qui est juste et c'est dans notre intérêt national ».

Le décret de Joe Biden annule les décisions de Donald Trump de 2017 et 2018, charge le Pentagone de « prendre toutes les mesures nécessaires » pour s'assurer que ces restrictions ne sont plus appliquées, et lui demande un rapport de suivi dans 60 jours.

Lloyd Austin a souligné que tous les militaires auront désormais accès aux traitements médicaux de réassignation sexuelle et que le Pentagone « réexaminera tous les cas de militaires transgenres qui pourraient se trouver en situation administrative difficile ».

A la fin de son mandat, l'ancien président démocrate Barack Obama avait prévu que l'armée commencerait à accueillir des recrues transgenres au 1er juillet 2017.

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Son successeur républicain avait d'abord reporté l'échéance au 1er janvier 2018, avant de revenir complètement sur cette politique. Dans une salve de tweets postés en juillet 2017, Donald Trump avait mis en avant « le fardeau des coûts médicaux énormes » et des « perturbations », prenant le contre-pied de la hiérarchie militaire.

9 000 militaires transgenres

Après divers recours en justice, l'affaire avait été portée devant la Cour suprême qui avait autorisé en janvier 2019 l'administration de Donald Trump à limiter les droits des transgenres en attendant l'issue des batailles juridiques en cours.

Depuis avril 2019, les personnes transgenres sont contraintes de servir en fonction de leur genre assigné à la naissance. Et celles ayant besoin d'un traitement hormonal ou de chirurgie de réassignation sexuelle ne peuvent plus s'enrôler, pas plus que les personnes ayant déjà subi un traitement médical de changement de sexe.

La mesure avait été critiquée par les défenseurs des droits humains qui la jugeaient discriminatoire et estimaient qu'elle conduirait les militaires transgenres à dissimuler leur identité sexuelle.

Le Pentagone évalue à 9 000 le nombre de personnes s'identifiant comme transgenre qui servent dans les forces armées, dont un millier déclare avoir changé de sexe ou vouloir le faire. L'armée américaine compte 1,3 million de militaires en service actif. Mais selon les défenseurs des droits des personnes transgenres, ces chiffres sont en réalité bien supérieurs.