Italie : Mario Draghi appelé à former un gouvernement pour sortir l’Italie de la crise

L’homme qui est crédité d’avoir sauvé la zone euro en 2012 en pleine crise de la dette a été appelé à former un gouvernement en Italie, un pays en crise économique et politique.

 Pour sortir l’Italie de la crise économique, Mario Draghi va bénéficier des 200 milliards d’euros du plan de relance européen.
Pour sortir l’Italie de la crise économique, Mario Draghi va bénéficier des 200 milliards d’euros du plan de relance européen.  AFP

Mario Draghi, l'ex-patron de la BCE qui jouit de la réputation d'avoir sauvé la zone euro en 2012 en pleine crise de la dette a été appelé au chevet de l'Italie pour tenter de sortir le pays de la crise politique et économique.

« Il s'agit d'un moment difficile. Vaincre la pandémie, continuer la campagne de vaccination et relancer le pays est les défis qui nous attendent », a déclaré l'ex-chef de la Banque centrale européenne à l'issue d'un entretien avec le président Sergio Mattarella.

Il s'est dit « confiant que l'unité émergera des discussions avec les partis politiques et les groupes parlementaires. »

On connaît bien celui qui en pleine crise de la dette avait été surnommé « Super Mario » et dont le leitmotiv est de « ne jamais abandonner ».

En huit années, sous sa houlette, la BCE a pris des mesures encore inimaginables aux débuts de l'euro il y a 20 ans : baisse des taux jusqu'en territoire négatif, injections de liquidités via des rachats massifs d'actifs sur les marchés et prêts géants aux banques…

Né à Rome le 3 septembre 1947, marié et père de deux enfants, Mario Draghi est diplômé en économie et titulaire d'un doctorat du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Porté par un mouvement citoyen

En janvier, un mouvement de citoyens s'est créé pour réclamer que cet économiste inclassable, adepte du « socialisme libéral » et « respecté et écouté par tous et dans le monde entier » prenne les rênes du pays « pour sauver l'Italie ». Et il va avoir du pain sur la planche.

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L'épidémie a fait près de 90 000 victimes depuis un an. Mais surtout son économie est complètement en crise depuis une vingtaine d'années avec une croissance négative sur cette période et particulièrement en 2020 avec une chute du 8,8 % de son PIB. Et pour couronner le coup, le pays est une fois de plus marqué par une crise politique qui a fait chuter le gouvernement précédent.

Reste à savoir si l'homme va pouvoir jouer un rôle providentiel en tant que président du Conseil? Il aura à sa disposition les fonds du plan de relance européen d'environ 200 milliards d'euros. Encore faudra-t-il qu'il parvienne à se jouer des obstacles habituels dans ce pays qui comme la France souffre de la bureaucratie pour que ces sommes soient utilisées rapidement et à bon escient…