Iran : condamnée, l’avocate des droits des femmes Nasrin Sotoudeh ne fera pas appel

L’avocate est poursuivie en Iran pour sept chefs d’accusation, notamment pour « incitation à la corruption et à la débauche ».

 L’avocate Nasrin Sotoudeh en septembre 2018.
L’avocate Nasrin Sotoudeh en septembre 2018. BEHROUZ MEHRI/AFP

« Ça ne servira à rien », estime-t-elle. L'avocate des droits humains iranienne Nasrin Sotoudeh ne fera pas appel de sa récente condamnation car elle estime que son « procès est injuste », a déclaré dimanche son mari, Réza Khandan.

« Elle a dit qu'elle ne voulait pas faire appel », a déclaré Réza Khandan par téléphone après une rencontre qu'il a dit avoir eu avec son épouse à la prison d'Evin à Téhéran. Me Sotoudeh estime que son « procès est injuste et que protester de la sorte » (en faisant appel) « ne servira à rien », a-t-il ajouté.

« Elle ne veut entreprendre aucune action judiciaire car elle n'est pas d'accord avec la procédure judiciaire » intentée contre elle, a encore déclaré son époux.

Condamnée à 148 coups de fouet

Nasrin Sotoudeh purge depuis juin 2018 une peine de prison de cinq ans pour des accusations d'espionnage, selon un de ses avocats.

Dans une autre affaire, Réza Khandan avait indiqué le 12 mars que son épouse, était poursuivie pour sept chefs d'accusation réunis en un seul et même dossier et qu'elle avait été condamnée au total à 33 années de prison.

Néanmoins, avait-il précisé, « seule la peine [d'emprisonnement] la plus longue s'applique », en l'occurrence celle pour « incitation à la corruption et à la débauche ».

À cela s'ajoute selon lui une condamnation à 148 coups de fouet liée notamment au fait que Nasrin Sotoudeh s'était présentée au tribunal par le passé sans le voile islamique obligatoire pour les femmes dans l'espace public.

Une activiste en faveur des droits des femmes

Revenant sur ce dossier, Réza Khandan a précisé dimanche que son épouse avait été condamnée à douze ans d'emprisonnement pour « incitation à la corruption et à la débauche ».

La peine maximale encourue pour ce chef d'accusation est de dix ans, a expliqué l'époux, mais le juge avait la possibilité de l'alourdir. Dans le cas présent, le juge « a décidé de l'augmenter [et] l'a portée à 12 » ans de prison.

Âgée de 55 ans, Nasrin Sotoudeh a été récompensée en 2012 du Prix Sakharov décerné par le Parlement européen. Elle a passé trois ans en prison (2010-2013) après avoir défendu des opposants arrêtés lors de manifestations en 2009 contre la réélection de l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad à la présidence.

Elle a aussi défendu plusieurs femmes arrêtées entre décembre 2017 et janvier 2018 pour avoir enlevé leur foulard en public afin de protester contre l'obligation faite aux femmes de porter le voile dans l'espace public.