Iran, Chine… Joe Biden joue la fermeté

Le président américain prend position ce dimanche sur deux dossiers délicats sur la scène internationale : le nucléaire iranien et la concurrence avec la Chine.

 Le président américain Joe Biden a accordé un long entretien à la chaîne CBS.
Le président américain Joe Biden a accordé un long entretien à la chaîne CBS.  REUTERS/Kevin Lamarque

Aux uns, il promet une « compétition extrême ». Aux autres, la garantie de maintenir les sanctions tant que les accords ne seront pas respectés. La chaîne CBS diffuse ce dimanche l'intégralité de son entretien avec Joe Biden. Clairement, le président américain semble vouloir démontrer que les Etats-Unis se montreront fermes sur la scène internationale, jouant clairement le jeu de la concurrence économique face aux autres puissances mondiales, et usant de son pouvoir de sanctions lorsqu'il le jugera nécessaire.

Ainsi, la Chine est clairement identifiée comme un adversaire stratégique. Le président Xi Jinping, avec qui Joe Biden ne s'est toujours pas entretenu depuis sa prise de fonction, en prend pour son grade. « Il est très dur. Il n'a pas, et je ne dis pas cela comme une critique, c'est juste la réalité, il n'a pas une once de démocratie en lui », lâche le 46e président des Etats-Unis.

« Je ne vais pas gérer cela comme Trump »

Lors de son premier discours de politique étrangère prononcé jeudi, il avait promis d'être « au rendez-vous face à l'avancée de l'autoritarisme, en particulier les ambitions croissantes de la Chine », promettant encore de « contrer les abus économiques de la Chine », ses « actes agressifs », et à défendre les droits humains, tout en travaillant avec Pékin « quand c'est dans l'intérêt de l'Amérique ».

Pressé sur CBS d'en dire un peu plus sur ses intentions, Joe Biden affirme qu'il entend se « concentrer sur les règles internationales ». « Je ne vais pas gérer cela comme Trump », martèle-t-il. « Nous ne devons pas avoir un conflit. Mais il y a aura une compétition extrême », annonce-t-il, soulignant connaître « assez bien » Xi Jinping pour avoir eu, en tant que vice-président de Barack Obama entre 2009 et 2017, « 24-25 heures d'entretiens privés avec lui ».

La confrontation entre les deux pays a pris des allures de nouvelle Guerre froide sous la présidence de Donald Trump, malgré l'ambivalence de ce dernier, qui a d'abord concentré ses attaques sur le front commercial tout en affichant son « amitié » pour Xi Jinping, avant de se ranger tardivement derrière la ligne dure de son secrétaire d'Etat Mike Pompeo. Le président chinois a lui mis en garde fin janvier contre une « nouvelle Guerre froide » qui conduirait selon lui à une « impasse ».

Maintien des sanctions contre l'Iran

Fermeté, encore, avec le régime iranien. Le message est clair : hors de question de lever les sanctions pour obtenir le retour de Téhéran sur la table des négociations au sujet du nucléaire iranien. À la journaliste qui lui demande si les Iraniens doivent « d'abord cesser d'enrichir de l'uranium », le président américain répond avec un acquiescement de la tête.

Les Etats-Unis ont conclu en 2015, après de longues et difficiles négociations, un accord avec l'Iran censé l'empêcher de se doter de la bombe atomique. Les autres grandes puissances (Chine, Russie, Allemagne, France et Royaume-Uni) ont également signé ce texte, ensuite ratifié par l'ONU.

Mais Donald Trump a retiré Washington de cet accord trois ans plus tard, jugeant qu'il était insuffisant sur le plan nucléaire et aussi pour contrer les autres « activités déstabilisatrices » de la République islamique. L'ex-président a rétabli puis durci toutes les sanctions contre l'Iran qui avaient été levées en échange de ses engagements nucléaires, et Téhéran a en retour commencé à s'affranchir de ces restrictions.

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Joe Biden a promis de revenir dans l'accord sur le nucléaire, à la condition que l'Iran renoue d'abord avec ses engagements. Or les dirigeants iraniens ont encore redit dimanche que les Etats-Unis devaient « lever entièrement » les sanctions avant qu'ils respectent à nouveau les restrictions imposées à leur programme nucléaire.