Suisse : les électeurs approuvent le maintien de la libre circulation avec l’UE

Le parti de droite populiste avait soumis au vote une proposition qui aurait limité l’immigration des ressortissants de l’Union européenne.

 Les Suisses étaient appelés à voter sur plusieurs sujets ce dimanche.
Les Suisses étaient appelés à voter sur plusieurs sujets ce dimanche. LP/Olivier Boitet

Non pas un, ni deux, mais cinq sujets étaient soumis au vote des Suisses, ce dimanche. Les citoyens se sont tout d'abord opposés à une large majorité à une initiative de la droite populiste qui souhaitait limiter l'immigration des ressortissants de l'Union européenne, selon les projections publiées peu après la clôture des bureaux de vote. Le nom atteindrait 63 %, rapporte Swissinfo.

Cette initiative visait à permettre à la Suisse de réguler l'immigration sur son sol, notamment en instaurant des quotas, et de sortir de tout traité de libre circulation des personnes. Les dirigeants et les élus de l'UDC (Union démocratique du centre, formation politique de la droite populiste) justifiaient leur démarche par le fait que des emplois en Suisse étaient souvent proposés à de la main-d'œuvre étrangère, moins chère. En 2014, le parti avait remporté une grande victoire lors d'une votation à propos de l'immigration de masse. Les Suisses avaient voté « contre », à une très courte majorité.

L'équivalent d'un « Brexit suisse »

Si elle avait été adoptée, la nouvelle disposition aurait été l'équivalent d'un « Brexit suisse », avait prévenu la ministre de la Justice Karin Keller-Sutter lors des débats au Parlement. Sans attendre le résultat définitif, le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, a salué un « beau dimanche démocratique et européen ».

Pour la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ce vote est un signal « positif ». Il « valide un des piliers centraux de notre relation : la liberté mutuelle de bouger, de vivre et de travailler en Suisse et dans l'Union européenne. Je salue ce résultat. J'y vois un signal positif pour continuer à consolider et approfondir notre relation », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

L'initiative sur les déductions fiscales pour frais de garde a également été rejetée par les Suisses qui ont, à l'inverse, voté en grande majorité (plus de 60 %) en faveur de l'instauration d'un congé de paternité de deux semaines, selon les premières projections. « C'est un grand soutien pour un petit pas. Ça veut dire qu'on doit aller plus loin », a réagi la conseillère nationale écologiste Léonore Porchet auprès de la RTS. Les scores sont encore serrés concernant la loi sur la chasse et l'acquisition d'avions de combat.