Hongkong : le militant Joshua Wong, relâché sous caution, n’a pas le droit de quitter le pays

Il avait été arrêté jeudi dernier. Pékin le poursuit pour son activisme pour la démocratie.

 Joshua Wong arrive ce mercredi à l’une des sept cours des magistrats d’Hongkong.
Joshua Wong arrive ce mercredi à l’une des sept cours des magistrats d’Hongkong.  REUTERS/Tyrone Siu

Le militant démocrate d'Hongkong Joshua Wong a été libéré sous caution ce mercredi, non sans avoir été formellement accusé devant le tribunal d'avoir participé à un rassemblement non autorisé en octobre 2019 et d'avoir violé une loi anti-masques de la ville.

La décision du tribunal intervient alors que Wong et d'autres militants sont poursuivis pour plusieurs infractions liées aux dernières manifestations pro-démocratiques de 2019, qui ont incité Pékin à imposer une loi de sécurité nationale de grande envergure dans le centre financier asiatique le 30 juin. Cette loi punit tout ce que la Chine considère comme de la subversion, de la sécession, du terrorisme et de la collusion avec les forces étrangères, avec une peine pouvant aller jusqu'à la prison à vie.

Wong, 23 ans, a été arrêté le 24 septembre. « Nous voulons juste envoyer un message clair au monde, même s'ils nous arrêtent, nous poursuivent en justice et même nous enferment en prison, il n'y a aucune raison pour nous d'abandonner », a-t-il déclaré sur un ton de défi devant le tribunal, selon l'agence Reuters. Son affaire a été ajournée au 18 décembre. Il lui est interdit jusque-là de voyager, a-t-il précisé sur Twitter.

Cette injonction fait écho au cas des « 12 d'Hongkong », ces militants qui ont cherché à rejoindre Taïwan pour y demander l'asile politique, et qui ont été arrêtés par les gardes-côtes chinois.

Pékin accuse le militant d'être la « main noire de l'étranger ». Devenu le visage des étudiants pendant les manifestants pro-démocratie de la « Révolte des parapluies », en 2014, à 17 ans à peine, Wong s'est rendu plusieurs fois à Washington pour plaider la cause de son mouvement.

Jeudi, après son arrestation, l'Union européenne s'est inquiétée. Les dirigeants de l'UE se réunissent jeudi et vendredi à Bruxelles pour un sommet consacré à leurs relations stratégiques avec la Chine et la Turquie. Ils ont fait part de leurs préoccupations au président chinois Xi Jinping lors de deux réunions en vidéoconférence le 24 juin et le 14 septembre mais, déjà, ont décidé de limiter les exportations d'équipements utilisables pour la surveillance et la répression à Hongkong.

VIDÉO. Hongkong : qui est Joshua Wong, figure du mouvement pro-démocratie ?