Haut-Karabakh : selon Poutine, le conflit aurait déjà fait 5000 morts

Les hostilités entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie ont repris il y a presque un mois. Le chef d’Etat russe se dit «en contact permanent» avec les deux camps.

 Les combats touchent aussi les civils. Une femme de  67 ans devant ce qui fut sa maison,  à  Gandja en Azerbaïdjan.
Les combats touchent aussi les civils. Une femme de 67 ans devant ce qui fut sa maison, à Gandja en Azerbaïdjan.  REUTERS/Umit Bektas.

Depuis la reprise des combats fin septembre entre l'Azerbaïdjan et des séparatistes arméniens dans le Haut-Karabakh, le nombre de morts « s'approche de 5 000 », a déclaré jeudi le président russe Vladimir Poutine.

« Selon nos informations, le nombre de morts (pour chacun) des deux côtés atteint environ 2 000, ce qui veut dire que le nombre total s'approche des 5 000 tués », a-t-il affirmé, lors d'un forum de discussion diffusé en direct à la télévision.

Depuis le 27 septembre, les forces azerbaïdjanaises ont conquis des territoires échappant à leur contrôle depuis les années 1990. Dans la foulée de la chute de l'URSS, une guerre avait alors fait 30 000 morts et abouti à la sécession de cette région maintenant peuplée quasi-exclusivement d'Arméniens.

Selon des bilans partiels, ces nouveaux combats ont fait près de 1 000 morts dont une centaine de civils. Mais chacun des deux camps affirment aussi avoir tués des milliers d'adversaires.

Un «affrontement ethnique»

« Aujourd'hui, le conflit est dans la pire de ses variantes », a regretté jeudi Vladimir Poutine, alors que la Russie est la principale puissance régionale et entretient de bonnes relations avec les deux camps. Le chef de l'Etat russe a indiqué être « en contact permanent » avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian.

« Nous comprenons qu'une telle situation, quand une partie importante du territoire azerbaïdjanais est perdue, ne peut continuer », a-t-il estimé, évoquant une guerre ayant ses racines dans une « lutte territoriale » et un « affrontement ethnique ».

L'Arménie a exclu mercredi toute « solution diplomatique » au conflit, sur fond d'efforts jusque là infructueux de la communauté internationale pour négocier un cessez-le-feu durable. Deux trêves humanitaires négociées dernièrement sont restées lettre morte.

Les chefs des diplomaties arménienne et azerbaïdjanaise doivent s'entretenir séparément vendredi à Washington avec leur homologue américain, Mike Pompeo.