Etats-Unis : Trump continue de dénoncer une fraude, Biden appelle à respecter le scrutin

Alors que les Américains fêtent ce jeudi Thanksgiving, Donald Trump, qui perd un à un ses recours, estime que « l’énergie » électorale a été de son côté.

 A Gettysburg, en Pennsylvanie, des partisans de Trump se mobilisaient encore mercredi pour leur champion qui a perdu l’élection présidentielle.
A Gettysburg, en Pennsylvanie, des partisans de Trump se mobilisaient encore mercredi pour leur champion qui a perdu l’élection présidentielle. AFP/Samuel Corum

Rien ne change en Amérique. Donald Trump, s'il a lancé le processus de transition, crie toujours à la fraude, mobilise ses partisans pour « inverser » le résultat de l'élection présidentielle. Pourtant, un à un, les recours en justice de l'équipe du président sortant échouent, parfois rejetés avec impatience par les juges, faute de fondement. Et Donald Trump donne de plus en plus l'impression d'une fin de mandat solitaire et chaotique.

Il avait été envisagé que le président républicain se rende mercredi à Gettysburg, ville historique de Pennsylvanie, pour y retrouver son avocat Rudy Giuliani. Mais le déplacement, qui ne figurait pas à l'agenda présidentiel, a été annulé à la dernière minute. Au lieu de cela, dans une salle de conférences mal éclairée de l'hôtel où il se trouvait avec des sénateurs républicains, Giuliani a mis son téléphone sur haut-parleur pour que tous entendent la parole de Trump. « Nous devons inverser cette élection », leur a-t-il dit. Les démocrates « ont triché. Ça a été un scrutin frauduleux », a-t-il ajouté. Les résultats de cet Etat-clé ont pourtant été certifiés mardi et aucune fraude massive n'a été démontrée, contrairement aux allégations de son camp.

« En Amérique, nous avons des élections libres et justes, et nous en respectons les résultats. Les habitants et les lois de ce pays n'accepteront pas autre chose », a lancé Joe Biden presque en même temps, depuis sa ville de Wilmington, dans le Delaware. Son équipe de transition a déjà pu, depuis que le processus a été ouvert, commencer à se coordonner avec l'administration Trump sur la sécurité nationale, la lutte contre le coronavirus et les plans de distribution de vaccins. Biden devrait aussi, finalement, avoir accès aux informations classées secret-défense lundi.

À la différence de son rival, qui a sacrifié mardi soir à la traditionnelle grâce d'une dinde à la Maison Blanche, mais ne s'est pas exprimé, Biden, lui, a donné une allocution avant Thanksgiving. La grande fête de ce jeudi est la plus importante, avec le 4 juillet, du calendrier américain. Une fois encore, le président élu s'est posé en rassembleur. « Vous voulez des solutions, pas des cris. De la raison, pas de l'hypersectarisme. De la lumière, pas des flammes », a-t-il martelé.

« Nous sommes en guerre contre le virus, pas les uns contre les autres »

Il a reconnu la lassitude des gens face aux restrictions tout en les appelant à la prudence. « Nous devons nous rappeler que nous sommes en guerre contre le virus, pas les uns contre les autres », a-t-il lancé, leur demandant de renoncer aux larges réunions familiales associées à cette journée et au week-end qui suit, et les exhortant à porter des masques de protection, à bonne distance les uns des autres. Les États-Unis ont dû faire face à « un hiver long et dur » mais que c'est dans les circonstances les plus difficiles que « l'âme de notre nation a été forgée », a-t-il dit. Plus de 261 000 Américains sont morts du coronavirus, et mardi le nombre de décès quotidiens a dépassé les 2 000 pour la première fois depuis mai.

Peu après l'intervention de Biden, Trump a gracié son ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, qui avait plaidé coupable d'avoir menti au FBI au sujet de ses contacts avec l'ancien ambassadeur russe à Washington. Il l'a annoncé sur Twitter, recueillant peu de soutiens dans son camp.

Cette décision a soulevé la colère des démocrates. Cette grâce « est un acte de corruption grave et un abus de pouvoir éhonté », s'est insurgée Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants.