Etats-Unis : pour son premier entretien avec Poutine, Biden aborde les sujets qui fâchent

Le nouveau président américain a affiché sa fermeté lors de son premier échange téléphonique avec son homologue russe.

 Le président américain Joe Biden s’exprime depuis la Maison Blanche à Washington DC., le 26 janvier 2021.
Le président américain Joe Biden s’exprime depuis la Maison Blanche à Washington DC., le 26 janvier 2021. AFP/Mandel Ngan

Le nouveau président américain Joe Biden s'est entretenu ce mardi avec son homologue russe Vladimir Poutine pour la première fois depuis son entrée à la Maison Blanche, afin de soulever plusieurs dossiers au cœur de tensions entre les deux pays rivaux.

Selon la Maison Blanche, les deux dirigeants ont « évoqué la volonté des deux pays de prolonger New Start ( NDLR : le traité de désarmement bilatéral qui expire début février ) pour cinq ans, et ont convenu de faire travailler leurs équipes de manière urgente pour une extension d'ici le 5 février. » Le président démocrate s'est aussi dit prêt à « envisager des discussions en matière de stabilité stratégique sur une série de questions liées au contrôle des armements et à la sécurité ».

Il se démarque sur ce terrain de son prédécesseur républicain, qui n'avait pas réussi à reconduire New Start -ou pas voulu le faire- et s'était retiré d'autres traités. Donald Trump avait notamment claqué la porte avec fracas de l'accord international sur le nucléaire iranien, dont Moscou est un des signataires.

Soutien des Etats-Unis «à la souveraineté de l'Ukraine»

Au-delà de ces sujets, Joe Biden a soulevé toutes les questions qui fâchent. Il a ainsi « réaffirmé notre soutien ferme à la souveraineté de l'Ukraine face à l'agression persistante de la Russie », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki.

Le président américain a aussi exprimé sa préoccupation au sujet de « l'empoisonnement » d'Alexeï Navalny, l'opposant russe arrêté par Moscou le 17 janvier à son retour en Russie après une convalescence de cinq mois en Allemagne, ainsi que du « traitement des manifestants pacifiques par les forces de sécurité russes ».

Les pays du G7, dont les Etats-Unis, ont condamné ce mardi dans un communiqué commun la détention « politique » de cet opposant empoisonné fin août avec un agent neurotoxique. ils ont réclamé sa « libération immédiate et inconditionnelle », ainsi que celle de ses partisans arrêtés samedi lors de manifestations dans toute la Russie.

Des sujets minimisés par Donald Trump

Joe Biden a ensuite évoqué, selon sa porte-parole, les « ingérences dans l'élection de 2020 » aux Etats-Unis, la récente cyberattaque géante contre des ministères américains imputée par Washington à Moscou, et les informations selon lesquelles la Russie aurait payé des « primes » à des talibans pour tuer des soldats américains en Afghanistan. Autant de sujets minimisés par Donald Trump, malgré l'indignation générale qu'ils suscitent dans la classe politique américaine.

« Le président Biden a dit clairement que les Etats-Unis agiront avec fermeté pour défendre nos intérêts nationaux face aux actes de la Russie qui nuiraient à nous ou nos alliés », a ajouté la Maison Blanche dans un communiqué. Dans un appel distinct avec le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, il a appelé au « renforcement de la sécurité transatlantique » et s'est engagé à « travailler avec les alliés », notamment pour contrer la Russie.

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Comme il le fait régulièrement, Vladimir Poutine a de son côté dit soutenir « une normalisation des relations entre la Russie et les Etats-Unis » qui, selon lui, « répondrait aux intérêts des deux pays mais aussi de ceux de toute la communauté internationale, étant donné leur responsabilité particulière dans le maintien de la sécurité et de la stabilité dans le monde », a rapporté la présidence russe.