Enquête russe : avant de partir, Trump gracie son ancien conseiller Michael Flynn

Michael Flynn avait plaidé coupable dans l’enquête russe, avant de se rétracter. Il lui est notamment reproché des échanges confidentiels avec l’ambassadeur de Russie à Washington en décembre 2016.

 Le général Flynn avait participé à la campagne victorieuse du républicain et avait ensuite eu des échanges confidentiels avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergueï Kisliak en décembre 2016.
Le général Flynn avait participé à la campagne victorieuse du républicain et avait ensuite eu des échanges confidentiels avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergueï Kisliak en décembre 2016. REUTERS

La presse américaine l'annonçait depuis plusieurs heures, c'est désormais officiel. Donald Trump a accordé une grâce à son ancien conseiller à la Sécurité nationale Michael Flynn, qui avait plaidé coupable en 2017 d'avoir menti au FBI au sujet de ses contacts avec un diplomate russe.

« C'est mon grand honneur d'annoncer que le général Michael Flynn a bénéficié d'une grâce complète », a tweeté mercredi soir le président américain qui doit quitter la Maison Blanche le 20 janvier. Cette affaire n'est donc plus de la compétence des tribunaux.

Après avoir participé à la campagne de Donald Trump, Michael Flynn avait eu des échanges confidentiels avec l'ambassadeur de Russie à Washington, Sergueï Kisliak, en décembre 2016. Devenu conseiller à la Sécurité nationale, il avait été interrogé le 24 janvier 2017 par la police fédérale mais avait dissimulé ces contacts. Il avait rapidement dû démissionner pour avoir également menti au vice-président Mike Pence.

En 2017, Michael Flynn avait plaidé coupable

Ces entretiens secrets avaient été une pierre angulaire de l'enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller sur des soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie. Après plus de deux ans d'enquête, l'équipe de Robert Mueller n'avait pas trouvé de preuve de l'existence d'une telle collusion.

En 2017, Michael Flynn avait accepté de plaider coupable de parjure et de coopérer avec l'enquête. Mais deux ans plus tard, menacé d'une peine de six mois de prison, il avait changé d'avocats et de stratégie de défense. Il demandait depuis l'annulation de la procédure en déclarant être victime d'une manipulation.

De manière exceptionnelle, le ministère américain de la Justice avait retiré sa plainte contre Michael Flynn en mai dernier, en estimant que l'enquête contre l'ancien général n'avait pas « de base légitime » et que ses déclarations, « quand bien même elles seraient fausses, n'avaient pas d'importance ».

Une pratique courante en fin de mandat

Cette grâce présidentielle à l'égard de Flynn n'a donc rien de surprenant… mais surtout, elle n'est peut-être pas la dernière du milliardaire.

« On peut s'attendre à ce Donald Trump gracie un certain nombre de ses anciens collaborateurs qui ont été condamnés ou sont inquiétés dans des affaires diverses, comme dans l'enquête russe (NDLR : sur l'ingérence de Moscou pendant la campagne présidentielle de 2016) », estimait il y a deux semaines Simon Grivet, maître de conférences à l'université de Lille, spécialiste de l'histoire du droit et de la justice aux Etats-Unis.

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Ces pardons offerts en fin de mandat « engendrent souvent des controverses », poursuit Simon Grivet. Et de citer notamment la clémence accordée par Bill Clinton à Mark Rich, un donateur du parti démocrate poursuivi pour évasion fiscale qui avait fui en Suisse. Cette dernière grâce, donnée quelques heures avant de rendre les clés de la Maison Blanche, avait provoqué un tel scandale que l'ancien président avait dû s'en expliquer un mois plus tard, dans une tribune publiée par le New York Times.