Destitution de Donald Trump : la performance d’un de ses avocats moquée

Appelé à défendre l’ex-président des Etats-Unis devant les sénateurs, Bruce Castor a tenu un plaidoyer qui n’a pas convaincu. À la sortie, le camp des Démocrates était tout heureux.

 Pour la seconde procédure de destitution de Donald Trump, c’est son avocat Bruce Castor qui a pris la parole en premier. Une performance décriée.
Pour la seconde procédure de destitution de Donald Trump, c’est son avocat Bruce Castor qui a pris la parole en premier. Une performance décriée. REUTERS

Aux Etats-Unis, ceux qui ont suivi, cette nuit, le lancement du procès en destitution de Donald Trump, ont pu « se divertir ». Aux Etats-Unis, certains n'en croyaient pas leurs oreilles.

Au soir du premier jour de ce procès, c'est l'un des avocats du 45e Président des Etats-Unis, Bruce Castor, qui a été au centre des attentions. Sa prestation a été jugée « mauvaise » et pas à la hauteur. L'ancien procureur de Pennsylvanie a, sur ce point, mis d'accord les démocrates et républicains, tous déçus de sa plaidoirie.

« Il parlait pour ne rien dire, a asséné le sénateur républicain John Cornyn. J'ai entendu beaucoup d'avocats plaider et ce n'était pas l'un des meilleurs ». Sa consœur, la sénatrice Lisa Murkowski s'est, elle, dite « atterrée », « ne voyant pas où il voulait en venir ».

Trump enrage derrière sa télé

Bruce Castor, 59 ans avait rejoint in extremis la défense de l'ancien président après la démission de cinq avocats. C'est lui qui était en charge de s'exprimer en premier pour la défense. Mais il a multiplié les digressions sur les sénateurs et les métaphores sibyllines.

À la sortie de l'hémicycle, les démocrates, souriants, ironisaient. « Je vais relire la transcription pour voir si je peux trouver un passage cohérent », a lancé le sénateur Richard Blumenthal.

« Les arguments de la défense étaient faibles et alambiqués, c'est le moins qu'on puisse dire », a enchéri l'élu de la Chambre des représentants Adam Schiff. Outre les élus, les internautes se sont aussi déchaînés contre l'avocat, l'un d'eux se demandant s'il avait reçu son diplôme « dans un distributeur de chewing-gum ».

À en croire deux sources proches de l'ex président, citées par CNN, Donald Trump lui-même était à deux doigts d'hurler en l'écoutant. Certains proches ayant laissé fuiter que s'il avait encore eu son compte Twitter, Trump aurait été intenable.

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Son avocat a notamment parlé de lui comme « ancien président » mais a aussi reconnu la victoire de Biden. Ce que n'a jamais fait Trump. De quoi faire croire à certains internautes qu'il s'agissait « d'une caméra cachée ».

Pas déstabilisé par ces critiques, Bruce Castor a déclaré à la presse que « la journée avait été bonne » et qu'il « ne changerait rien » lors des prochaines audiences.

Le Sénat juge Donald Trump pour « incitation à l'insurrection » en lien avec l'assaut meurtrier sur le Capitole le 6 janvier. Le procès semble joué d'avance, une majorité des deux tiers, quasi inatteignable, étant nécessaire pour un verdict de culpabilité.

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