Covid-19 : nouvelle soirée de heurts à Tripoli, deuxième ville du Liban

Mobilisés quotidiennement depuis le 25 janvier, les jeunes de Tripoli ont été renforcés dimanche soir par des manifestants venus, en soutien, de plusieurs autres villes du pays.

 Des manifestants essayant d’éviter les gaz lacrymogènes de la police et de l’armée, dimanche soir à Tripoli (Liban).
Des manifestants essayant d’éviter les gaz lacrymogènes de la police et de l’armée, dimanche soir à Tripoli (Liban). AFP/Fathi Al-Masri

Des échauffourées ont de nouveau éclaté dimanche soir dans la ville libanaise de Tripoli entre les forces de l'ordre et des manifestants. Depuis une semaine, les habitants pauvres de la 2 e ville du pays, manifestent contre les répercussions du confinement strict instauré jusqu'au 8 février et des heurts quotidiens ont fait un mort et plus de 400 blessés.

Le calme était pourtant revenu au début du week-end dans la grande métropole du nord. Dimanche dans l'après-midi, ils étaient quelques centaines, rassemblés calmement sur l'emblématique place al-Nour, épicentre de la contestation, dont la police avait pourtant essayé d'interdire l'accès. Les appels sur les réseaux sociaux invitant les Libanais de toutes les régions à venir à Tripoli en signe de solidarité avaient été entendus, comme en témoignait, selon la presse locale, le convoi des voitures venu de plusieurs endroits du Liban. Ces manifestants, contrôlés par l'armée à Madfoun, avaient été autorisés à rejoindre Tripoli.

Mais dans la soirée, des jeunes se sont mis à caillasser le Sérail, le bâtiment qui abrite le gouvernorat du Nord dans le centre-ville, et des policiers positionnés sur les toits ont tiré des gaz lacrymogènes, avec le concours de l'armée. Celle-ci a été appelée en renfort à la fin de la semaine dernière après que des grenades ont été jetées par des manifestants contre les forces de l'ordre et l'incendie des bureaux de la municipalité.

Plus de la moitié de la population sous le seuil de pauvreté

Les pouvoirs publics sont accusés de ne pas épauler les plus défavorisés, alors que depuis plus d'un an le pays est englué dans sa pire crise économique depuis des décennies, avec une dépréciation inédite de sa monnaie, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques. Le nouveau gouvernement n'est en outre toujours pas formé. Le confinement strict prolongé pour enrayer l'épidémie de coronavirus obère encore les moyens de la population, notamment ceux qui vivent de petits boulots quotidiens.

VIDÉO. Au Liban, des manifestants mettent le feu à la mairie de Tripoli

Aujourd'hui, plus de la moitié de la population se retrouve sous le seuil de pauvreté, selon l'ONU, et la part vivant dans l'extrême pauvreté a explosé, passant de 8 % à 23 %.

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Dimanche, 51 personnes sont décédées et 139 personnes ont été diagnostiquées positives au coronavirus. Si ce chiffre est à accueillir avec prudence, de nombreux laboratoires étant fermés le week-end, il marque tout de même une décrue dans la contamination du pays. Au total, 301 052 ont été contaminées depuis le 21 février 2020, date de la découverte d'un premier cas au Liban, et 3 082 personnes sont décédées.