Cour suprême américaine : Trump promet de dévoiler le nom du nouveau juge en fin de semaine

Selon la Constitution américaine, le président nomme à vie les juges de la Cour suprême mais le Sénat doit en amont confirmer ce choix.

 Donald Trump affirme vouloir nommer « une femme talentueuse »
Donald Trump affirme vouloir nommer « une femme talentueuse » SAUL LOEB / AFP

Donald Trump présentera dès samedi après-midi une candidate pour succéder à la Cour suprême à la progressiste Ruth Bader Ginsburg, décédée vendredi dernier et dont la dépouille sera exposée à partir de mercredi.

Si le Sénat, à majorité républicaine, confirme sa candidate, le président aura placé trois juges, nommés à vie, au temple du droit américain qui en compte neuf au total. De quoi ancrer dans le camp conservateur pendant des décennies cette institution qui tranche, aux Etats-Unis, les principales questions de société comme l'avortement ou le droit de porter des armes.

Lundi, Donald Trump avait précisé vouloir attendre, avant de lancer le très politisé processus de succession, la fin des cérémonies funéraires pour la juge Ginsburg, icône féministe et progressiste, décédée à 87 ans des suites d'un cancer. Sa dépouille sera exposée à la Cour suprême puis au Capitole.

Un nomination soumise au vote du Sénat

Cette annonce présidentielle doit être remise dans son contexte. Selon la Constitution américaine, le président nomme à vie les juges de la Cour suprême mais le Sénat est chargé de confirmer ce choix. Et si le parti républicain dispose à l'heure actuelle de 53 élus sur 100, deux sénatrices républicaines modérées ont déjà fait savoir qu' elles ne comptaient pas participer à un vote avant l'élection, ce qui aurait pu compliquer l'équation pour Donald Trump. Mais un autre républicain grand critique du président américain, Mitt Romney, a annoncé mardi qu'il ne s'y opposerait pas.

Même en cas d'égalité parfaite, les républicains disposeraient d'assez de voix, grâce à l'intervention du vice-président Mike Pence qui peut intervenir en cas d'égalité, pour confirmer la remplaçante de « RBG ».

Ce dernier a estimé ce lundi que le Sénat avait « largement le temps » de confirmer la nomination d'un nouveau juge avant l'élection présidentielle du 3 novembre. « Le vote final (du Sénat) devra se tenir avant l'élection. Nous avons largement le temps », a-t-il dit sur Fox News.

VIDEO. Décès de la juge Ruth Bader Ginsburg, une héroïne américaine et icône féministe

La succession de « RBG » au sein du temple du droit américain sera dans les prochaines semaines l'un des enjeux majeurs de la campagne présidentielle. Candidat à sa propre succession à la Maison-Blanche, Donald Trump a fait savoir au cours du weekend qu'il comptait nommer rapidement « une femme très talentueuse » pour la remplacer.

Parmi les favorites, Amy Coney Barrett, une catholique de 48 ans, et une magistrate d'origine cubaine née en Floride, Barbara Lagoa, 52 ans. Cette dernière est « excellente, elle est Hispanique, c'est une femme formidable », a-t-il déclaré. « Nous aimons la Floride », a assuré Trump à propos de cet Etat qui devrait jouer un rôle clé dans le résultat de la présidentielle.

Les démocrates préparent la riposte

Sans surprise, Joe Biden appelle les sénateurs à boycotter ce vote ou à voter contre. « Je ne suis pas naïf, je ne m'adresse pas au président Trump » ni à Mitch McConnell (chef de la majorité républicaine au Sénat NDLR) mais « à la poignée de sénateurs républicains », qui « savent au fond d'eux-mêmes ce qui est bon pour leur pays », a-t-il encore déclaré. « Respectez vos obligations constitutionnelles, suivez votre conscience », a-t-il ajouté.

Comme le relate la radio internationale RFI, l'ancien président Bill Clinton, qui avait nommé Ruth Bader Ginsburg, a même suggéré aux démocrates de faire traîner certaines séances. Autre solution plus radicale : si Trump parvient à ses fins, mais que le Parti démocrate remporte la présidentielle, ce dernier réformerait la Cour suprême pour augmenter le nombre de juges et ainsi en nommer d'autres.