Brexit : un «no deal» se profile, les discussions «achoppent sur tout, tout !» s’agace Macron

« Les 27 n’ont pas vocation à rendre heureux le Premier ministre de Grande-Bretagne », a déclaré le président français après une vaine discussion sur le post-Brexit.

 « Un mauvais accord, c’est plus grave » qu’un « no deal », a déclaré Emmanuel Macron à Bruxelles, en se défendant de faire le jeu des « Brexiters ».
« Un mauvais accord, c’est plus grave » qu’un « no deal », a déclaré Emmanuel Macron à Bruxelles, en se défendant de faire le jeu des « Brexiters ».  AFP/Kenzo Tribouillard.

« S'il n'y a pas un changement fondamental » de la part des Européens sur les échanges commerciaux post-Brexit, un « no deal » se profile pour le 1er janvier 2021, a averti le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Les discussions se sont envenimées après le sommet européen de jeudi, où les 27 ont exigé des concessions de Londres, tout en disant vouloir poursuivre les pourparlers pour arriver à un accord de libre-échange avant l'année prochaine, quand les règles européennes cesseront de s'appliquer au Royaume-Uni.

Néanmoins Londres et l'UE discuteront lundi du « format » des discussions post-Brexit, a indiqué la Commission européenne vendredi soir.

Mais le Royaume-Uni lui a opposé vendredi une fin de non-recevoir et menace de quitter le navire avec un « no-deal », qui marquerait l'introduction de quotas et droits de douanes entre le bloc des 27 et le Royaume-Uni, et bloqueraient l'accès aux eaux britanniques aux pêcheurs européens.

Macron s'emporte

Les discussions entre Londres et les 27 sur le Brexit « achoppent sur tout, tout ! », bien au-delà de la pêche, s'est emporté Emmanuel Macron. « Les Britanniques ont davantage besoin d'un accord que l'Union européenne ! » a-t-il tweeté.

« Le problème est loin d'être seulement la pêche, il est beaucoup plus fondamental », a répondu le président français à une journaliste qui lui demandait s'il était prêt à un échec des négociations UE-Londres à cause du blocage sur la pêche.

L'UE « n'a pas vocation à rendre heureux » Johnson

« L'état de nos discussions n'est pas que nous serions en train d'achopper sur la pêche », a-t-il poursuivi. « C'est un sujet tactique utilisé par les Britanniques, car en cas de no deal ce serait le seul sujet où Boris Johnson pourrait dire : J'ai gagné », a-t-il accusé, en tâclant Boris Johnson : « Les 27 n'ont pas vocation à rendre heureux le Premier ministre de Grande-Bretagne. »

« Notre principal problème sont des règles de concurrence loyale. Notre proposition, qui correspond à notre accord avec la Suisse, c'est l'accès au marché unique en contrepartie du respect de nos règles sanitaires, environnementales, sociales, en matière d'aides d'Etat. La proposition des Britanniques est l'accès au marché unique sans respect des règles. C'est inacceptable », a insisté Emmanuel Macron. « Un mauvais accord, c'est plus grave » qu'un « no deal », a-t-il ajouté, en se défendant de faire le jeu des « Brexiters ».

Sans concession et en vitesse

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen actuellement en quarantaine, avait assuré malgré tout que des négociateurs européens se rendraient à Londres la semaine prochaine « pour intensifier » les discussions. Mais le porte-parole du Premier ministre a rétorqué : « De notre point de vue, les négociations commerciales sont finies. L'UE y a de facto mis fin ».

Finalement les négociateurs européen et britannique ont convenu de discuter lundi du « format » des pourparlers.

« Michel Barnier a tenu une vidéoconférence aujourd'hui avec son homologue britannique David Frost pour discuter des négociations de la semaine prochaine. Les deux négociateurs en chef ont convenu de se parler lundi pour discuter du format de ces pourparlers », a annoncé sur Twitter un porte-parole de l'exécutif européen.