Brexit : la crainte d’un «no deal»

A moins de trois mois de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, les 27 se retrouvent ce jeudi à Bruxelles pour trouver un accord avec les Britanniques. Mais les désaccords sont profonds.

 Faute d’accord sur la relation future entre le Royaume-Uni et l’Europe, ce sera le retour intégral aux postes de douanes et au contrôle de tout voyageur et marchandise.
Faute d’accord sur la relation future entre le Royaume-Uni et l’Europe, ce sera le retour intégral aux postes de douanes et au contrôle de tout voyageur et marchandise. AFP/Tolga Akmen

Stop ou encore? Persévérer dans la recherche d'un accord post-Brexit, alors que Boris Johnson paraît déterminé à tout envoyer valser, ou rompre une bonne fois? Tel est l'enjeu du sommet européen qui s'ouvre ce jeudi à Bruxelles. Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement — moins le Premier ministre polonais qui, cas contact au Covid-19, est en quarantaine — vont écouter attentivement le rapport de Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE avec les Britanniques depuis 2016. A moins de trois mois de l'échéance, la fin de la période de transition avant le largage définitif des amarres de Royaume-Uni avec l'Europe étant fixée au 1er janvier 2021 à minuit, les désaccords sont profonds et le risque de « no deal » bien réel.

Ce soir, le Premier ministre britannique a estimé, lors d'un appel à la présidente de la Commission européenne, qu'un accord commercial post-Brexit était « désirable », tout en exprimant sa « déception » sur le peu d'avancées ces deux dernières semaines ». Ursula von der Leyen a quant à elle averti que l'UE vise un accord « mais pas à n'importe quel prix ».

Ce qui coince? La libre concurrence équitable au sein du Marché intérieur, d'une part. Bien que libéral, « BoJo » entend aider les entreprises britanniques à sa guise, faussant les règles du jeu. La pêche, d'autre part. Les Britanniques veulent des droits exclusifs sur leurs eaux territoriales, très poissonneuses et vitales pour les pêcheurs français notamment. Londres propose des quotas annuels, rejetés par Paris.

Sur ces deux dossiers, il faut un compromis. A Michel Barnier, fort contesté par le camp anglais, de le trouver… tout en préservant l'unité des Vingt-Sept. La négociation va sans nul doute se poursuivre malgré les gesticulations du Premier ministre britannique, familier de ces coups de pression. « Les Britanniques ont beaucoup plus à perdre que nous d'un no deal, l'enjeu pour eux est l'accès à un marché de 400 millions de consommateurs », résume un conseiller élyséen.