Biélorussie : l’UE sanctionne 40 responsables de la répression mais pas Loukachenko

Les dirigeants des 27 pays membres ont acté le gel des avoirs de ces responsables de la répression politique et leur interdisent de pénétrer sur le sol de l’Union.

 Charles Michel, président du Conseil européen, s’est montré satisfaisait de ces sanctions, décidées à l’unanimité des 27 pays membres.
Charles Michel, président du Conseil européen, s’est montré satisfaisait de ces sanctions, décidées à l’unanimité des 27 pays membres.  AFP/Pool/Johanna Geron

Un avertissement pour l'instant. Les dirigeants de l'Union européenne ont donné ce vendredi leur feu vert pour sanctionner le régime au pouvoir en Biélorussie, mais pas Alexandre Loukachenko.

Dans la nuit à la presse le président du Conseil Charles Michel a annoncé geler les avoirs des personnes responsables de la répression contre l'opposition politique, ces personnes étant également interdites d'entrée dès ce vendredi sur le territoire de l'Union. Le président Alexandre Loukachenko ne figure pas sur la liste qui comprend « une quarantaine de noms », mais cette dernière n'est pas fermée, a précisé l'ancien Premier ministre belge. « Si ça se durcit, on ne s'interdit pas de mettre M. Loukachenko sous sanctions », a abondé Emmanuel Macron.

« L'objectif, c'est une transition pacifique »

Ces sanctions étaient réclamées par l'opposition biélorusse. « Cela pourrait nous aider beaucoup », avait plaidé jeudi sa cheffe de file, Svetlana Tikhanovskaïa, réfugiée en Lituanie après avoir contesté le résultat de la présidentielle du 9 août.

VIDÉO. Biélorussie : des chaînes humaines contre la répression

Jeudi, au téléphone, le président russe Vladimir Poutine a reproché à Emmanuel Macron sa rencontre, à Vilnius, avec la cheffe de file de l'opposition biélorusse. La jeune femme doit venir s'exprimer le 7 octobre devant l'Assemblée nationale à Paris. Poutine a jugé « inacceptable » d'interférer dans les affaires intérieures d'Etats souverains.

Mardi, en Lituanie, le président français avait défendu sa position : « L'objectif, c'est une transition pacifique, la libération des personnes qui restent en prison pour leurs opinions politiques et la tenue d'élections dans un cadre libre, sous surveillance internationale » en Biélorussie, avait-il affirmé.

Le principe de sanctions avait été approuvé il y a plusieurs semaines, mais l'unanimité des 27 membres était requise pour leur mise en œuvre. Or, Chypre conditionnait son accord à une prise de position ferme de l'UE contre les violations de ses eaux territoriales par la Turquie. Le président chypriote Níkos Anastasiádes a obtenu gain de cause après plus de sept heures de « discussions passionnées ».

Les dirigeants de l'UE se retrouvent à pour une seconde journée de sommet ce vendredi, consacrée à l'économie numérique.