Attentats du 11 Septembre : Joe Biden veut fermer la prison de Guantanamo

Quand il était sénateur, en 2005, Joe Biden réclamait déjà la fermeture de cette prison hors-la-loi. Barack Obama, dont il fut le vice-président, n’était pas parvenu à concrétiser cette promesse de campagne.

Un mirador de surveillance du camp Delta, sur le site de Guantanamo.
Un mirador de surveillance du camp Delta, sur le site de Guantanamo. AFP/ Paul J. Richards

Barack Obama n’y était pas parvenu. Fort d’une majorité sur le fil au Congrès, le président américain Joe Biden souhaite fermer l’emblématique prison de Guantanamo. Interrogée lors d’une conférence de presse sur une fermeture possible de la prison avant la fin de son mandat, la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré : « C’est assurément notre objectif et notre intention ». « Nous avons donc entamé un processus avec le Conseil de la sécurité nationale […] pour travailler avec les différentes agences fédérales et évaluer la situation actuelle […], que nous avons héritée du gouvernement précédent », a-t-elle ajouté.

Durant sa campagne présidentielle de 2016, Donald Trump avait affiché sa volonté de garder ouverte la prison de Guantanamo et « de la remplir de mauvais gars ». Le républicain avait conservé cette position une fois élu.

La prison militaire abrite encore une quarantaine de détenus, dont 26 sont considérés comme trop dangereux pour être libérés, mais les procédures légales s’éternisent en raison de la complexité de leurs dossiers. Parmi eux figure Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau autoproclamé des attentats du 11 septembre 2001. Le Pakistanais devait être jugé à compter du 11 janvier dernier mais rien n’a filtré.

Près de 20 ans après les attentats du 11-Septembre

Construite rapidement en 2001 sur la base navale américaine à la pointe est de Cuba, sous l’administration de George W.Bush, elle a permis de contourner les droits auxquels les détenus auraient pu prétendre sur le sol américain, ou comme prisonniers de guerre au nom des Conventions de Genève. Les vingt premiers détenus y sont arrivés le 11 janvier 2002, quelques semaines après les attentats du 11 septembre 2001, dont on commémorera les vingt ans dans quelques mois.

779 personnes différentes ont été détenues à Guantanamo pour leurs liens présumés avec Al-Qaïda et les talibans, dont sept Français. Leurs tenues orange, chevilles et mains entravées, ont marqué les esprits, de même que les tortures d’abord secrètes, la lumière allumée 24 heures sur 24, les suicides et les séances de gavage des prisonniers en grève de la faim. Dès janvier 2002, la prison qui devait accueillir « les pires parmi les pires », selon les mots du vice-président Dick Cheney, a incarné aux yeux du monde les excès dans la « guerre totale » menée par les Etats-Unis contre le terrorisme. Les images des prisonniers en combinaison orange, derrière des grillages surmontés de fil barbelé, ont choqué, tout comme les gavages imposés à ceux refusant de se nourrir.

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Sur cette photo prise le 17 janvier 2002, l'un des premiers prisonniers est photographié dans sa tenue orange.
Sur cette photo prise le 17 janvier 2002, l'un des premiers prisonniers est photographié dans sa tenue orange. AFP/Roberto Schmidt

En 2004, la très respectée Cour suprême des Etats-Unis avait tancé George Bush pour l’obliger à laisser les détenus accéder à des avocats ou aux tribunaux. Deux ans plus tard, elle lui avait reproché d’avoir créé à Guantanamo une procédure spéciale permettant de contourner le droit.

En 2005, Joe Biden, qui était alors sénateur démocrate, avait demandé la fermeture du site qui, selon lui, stigmatisait et amplifiait la haine de certains musulmans à l’égard des Etats-Unis.

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Quelques semaines après son élection, Barack Obama avait signé le décret de fermeture. Une prison de haute sécurité de l’Illinois devait être achetée par l’Etat fédéral, pour y transporter les détenus considérés comme extrêmement dangereux. En 2009, lors d’une conférence internationale sur la sécurité, Joe Biden, alors vice-président, avait affirmé : « Nous respecterons les droits de ceux que nous traduisons en justice. Et nous fermerons le centre de détention de Guantánamo Bay ». Douze ans plus tard, un ample travail reste donc à faire.