Armes à feu aux Etats-Unis : au Texas, le tir en toute détente

Aux Etats-Unis, le second amendement autorise la possession et l’usage d’armes à feu pour se défendre. Au Thunder Gun Range, au nord de Houston, nous avons rencontré des Américains venus tirer à balles réelles, et initier leurs jeunes enfants.

 Jeff apprend à sa fille Felicity, 11 ans, à utiliser la carabine familiale.
Jeff apprend à sa fille Felicity, 11 ans, à utiliser la carabine familiale. Gilles Mingasson

Felicity a de grosses lunettes rondes, de longs cheveux retenus par un élastique rose, comme on se coiffe à 11 ans, un sac décoré de brillants posé à ses pieds et, dans les mains, un fusil de chasse. Aidée par Jeff, son papa, 52 ans, la fillette tire à balles réelles sur une cible placée à 25 yards, environ 23 mètres. Une première pour Felicity, une tradition pour Jeff. « C'est la dernière de mes neuf enfants. Les uns après les autres, je leur ai appris, raconte fièrement ce consultant qui travaille dans la construction. Un de mes fils est aujourd'hui tireur d'élite dans l'armée ! » Tous ont débuté avec ce même fusil, un Marlin de 1952, que tient aujourd'hui Felicity. Cette relique familiale appartenait au père, chasseur, de Jeff. « Je me débrouille, lance fièrement la petite demoiselle, qui s'entraîne depuis deux ans déjà avec une carabine à air comprimé. J'ai toujours voulu faire des trucs de garçons comme chasser, camper et surtout pêcher. »

Une enfant avec un fusil : la scène est banale au Thunder Gun Range, en français le Stand de tir du tonnerre, à Conroe, au Texas. L'Amérique compte des centaines de lieux comme celui-ci, où n'importe qui peut venir se détendre en vidant quelques chargeurs. Situé au nord de Houston, le « Thunder » est une institution locale où se retrouvent les familles du comté. Fondé il y a vingt-cinq ans par un couple, les Gonzales, ouvert tous les jours de la semaine, il fait travailler une dizaine de personnes, auxquelles s'ajoutent les instructeurs indépendants qui proposent des cours. L'endroit est surtout immense – il couvre 25 hectares – et un brin folklorique. Un haut porche en bois, décoré de panneaux en forme de pistolets, marque l'entrée. Il faut ensuite s'engager dans une allée bordée, de part et d'autre, de statues de cerfs et de chevaux, taille réelle. Au bout, un hangar peint en rouge est surmonté d'un mirador et flanqué d'un parking. Ce bâtiment sans fenêtre, climatisé et éclairé par des néons, abrite les bureaux du Thunder Gun Range et, surtout, la boutique qui propose, pêle-mêle, des besaces militaires, des chips et des confiseries, des sacs à main artisanaux et… des armes.

Un fusil rose est censé séduire un public féminin

Présentés en vitrines – déchargés, bien sûr –, pistolets et revolvers sont affichés à partir de 250 dollars (environ 300 euros). Les fusils, eux, sont posés sur un râtelier. L'un d'eux, totalement rose, est censé séduire un public féminin qui ne craint pas les clichés. Deux modèles manquent cependant sur les présentoirs. « Dès qu'on reçoit des AK-47 et des AR-15, ils partent dans la semaine », s'excuse d'emblée Angelina, la propriétaire, qui surgit au-devant des clients potentiels. L'AK-47? Le célèbre « Kalachnikov » soviétique, incontournable dans toutes les guerres depuis soixante-dix ans. L'AR-15 est, quant à lui, la version civile du M16, le compagnon attitré des soldats américains. Facile à manier et à modifier, l'engin est particulièrement apprécié aux Etats-Unis. Une popularité qui a déjà fait de très nombreuses victimes. Le cinéma d'Aurora (12 morts en 2012), un centre social à San Bernardino (16 morts en 2015), la discothèque gay d'Orlando (50 morts en 2016), un festival de musique au pied des casinos à Las Vegas (59 morts en 2017), l'église de Sutherland Springs (26 morts en 2017), le lycée de Parkland (17 morts en 2018)… L'AR-15 apparaît dans presque toutes les tueries de masse qui ont endeuillé le territoire américain.

Propriétaire du Thunder Gun Range avec son époux, Angelina Gonzales présente un fusil semi-automatique d’occasion à une cliente, le 2 octobre./Gilles Mingasson
Propriétaire du Thunder Gun Range avec son époux, Angelina Gonzales présente un fusil semi-automatique d’occasion à une cliente, le 2 octobre./Gilles Mingasson  

Souriante et bavarde, Angelina Gonzales, dont l'âge est « top secret », fait faire le tour du magasin, raconte ses origines – son père était mexicain, sa mère, française – et confesse une passion pour les pistolets. « Je suis toute petite. Qu'est-ce que je peux faire, si on m'attaque ? » demande-t-elle en extirpant un SIG Sauer compact de la poche de son jean. Le métal du pistolet, traité chimiquement, brille de teintes arc-en-ciel. « J'en ai sept du même modèle, mais de couleurs différentes. » Son fils de 28 ans, Daniel, et la femme de celui-ci, Amber, travaillent avec elle. Peut-être à contrecœur pour Daniel. « Mon fils est un pacifiste, soupire Angelina en levant les yeux au ciel. Quand il est devenu ado, je lui ai dit qu'il était temps d'apprendre à se servir d'une arme. Il m'a répondu que ce n'était pas la peine, qu'il avait déjà une batte de baseball et que, de toute manière, il m'avait, moi, pour le défendre ! » Une file d'attente s'est formée devant le comptoir de la boutique. La plupart des visiteurs ont de longs sacs, mais certains portent leurs fusils directement à l'épaule, bien visibles. Ils viennent s'acquitter du droit d'entrée, entre 12 et 18 dollars (10 et 15 euros) la journée, suivant l'arme utilisée. Il est habituel d'amener son propre matériel, mais ceux qui arrivent les mains vides peuvent louer sur place un pistolet ou un fusil, à partir de 35 dollars la journée. A cela s'ajoutent encore les munitions, 22 dollars pour cinquante balles de neuf millimètres. Jouer de la gâchette est un loisir qui peut vite coûter cher. Mais pas suffisamment pour faire reculer les passionnés que l'on croise ici.

Tout mineur peut être initié au tir

Au fond de la boutique, une porte s'ouvre sur le pas de tir, un très long abri qui protège les clients du pesant soleil texan. C'est le domaine de Jesse, 68 ans, chapeau sur la tête et talkie­walkie à la ceinture. Personnage placide, le mari d'Angelina attend la fin de la journée, et la retraite, en sillonnant son terrain à bord d'une voiturette électrique.

Les claquements sourds des détonations résonnent dans l'air. Des panneaux de bois divisent le pas de tir en dizaines de compartiments, un par tireur. Surélevé, le plancher en caillebotis laisse passer les douilles. Des milliers d'entre elles se sont accumulées en dessous. Les employés les balaient régulièrement, en emplissent des barils entiers. Partout, des pancartes rappellent que le « tir rapide » est prohibé : interdit de vider un chargeur d'une seule traite. Question de sécurité.

Un vétéran de la marine américaine tire au pistolet dans le secteur réservé aux armes de poing./Gilles Mingasson
Un vétéran de la marine américaine tire au pistolet dans le secteur réservé aux armes de poing./Gilles Mingasson  

La première moitié de l'abri est réservée aux armes de poing. Un système de courroies permet d'approcher ou d'éloigner les cibles. En général, de simples silhouettes sont imprimées sur ces papiers épais, mais certains préfèrent mitrailler des zombis ou Ça, le clown maléfique imaginé par Stephen King. « Tous les enfants devraient se familiariser avec les armes à feu », estime Ben, un entrepreneur venu avec son épouse et ses deux adolescents. « Ainsi, s'ils vont chez quelqu'un qui possède une arme, ils ne seront pas tentés d'y toucher. S'il arrive des accidents avec des enfants qui se tirent dessus, c'est parce que leurs parents ne leur ont jamais appris quoi que ce soit à ce sujet. Moi, j'ai grandi sans arme à feu à la maison et j'étais très curieux. Ce qui aurait pu me jouer des tours. »

Ben, comme Jeff, rencontré plus tôt, ne sont pas des cas isolés. Aux Etats-Unis, les mineurs n'ont pas le droit de posséder des armes, mais ils peuvent être initiés à tout âge. De là à tout autoriser? « Ici, plein de gens mettent des petits fusils entre les mains de leurs enfants, juste pour les habituer, raconte Jesse. Il ne faut pas faire n'importe quoi non plus. Comme à Las Vegas, où des parents sont allés louer une mitraillette! » En 2014, une fillette de 9 ans a tué son instructeur avec un Uzi, un pistolet-­mitrailleur, qu'il lui faisait essayer. L'enfant a perdu le contrôle de l'arme pendant que la famille filmait la scène au smartphone. « Ça n'a aucun sens que la gamine se retrouve avec une mitrailleuse, pointe le patron du Thunder Gun Range. Et pourquoi pas la mettre au volant d'un semi-­remorque et lui dire de partir avec? »

«Peu de gens savent tirer à 200 yards»

Un homme essaie un AR-15, fusil semi-automatique incontournable aux Etats-Unis. Près de lui, son très jeune fils porte un casque anti-bruit./Gilles Mingasson
Un homme essaie un AR-15, fusil semi-automatique incontournable aux Etats-Unis. Près de lui, son très jeune fils porte un casque anti-bruit./Gilles Mingasson  

La seconde moitié du pas de tir appartient aux amateurs de fusils. Les cibles sont positionnées plus loin, à 25, 50, 75, 100 et jusqu'à 200 yards (180 mètres), soit environ la longueur de deux terrains de football. « Je proposais jusqu'à 300 yards, précise Jesse, mais j'ai arrêté. Il y a déjà peu de gens qui savent tirer à 200. » Certaines armes utilisées sont pourtant particulièrement puissantes. A quelques mètres derrière le tireur, on perçoit le souffle des détonations. Un papa est penché sur un AR-15 pendant que son fils, qui n'a pas plus de 5 ans, un énorme casque anti-bruit sur les oreilles, s'ennuie à ses côtés. Machinalement, le garçon ramasse une douille qui a fusé de l'arme paternelle, et la lâche aussitôt. Il vient de se brûler les doigts. Impossible à cette distance de voir si les balles font mouche. Les tireurs utilisent des longues-vues pour vérifier leur performance. Régulièrement, une employée appelle à cesser le feu, afin que chacun aille remplacer son carton criblé de trous.

D'autres détonations, lointaines, rappellent que le Thunder Gun Range propose davantage que ce grand pas de tir. Vers la gauche, une route conduit à une prairie réservée au ball-trap. Piochant parmi les fusils à pompe posés sur la plateforme arrière de leur truck, deux hommes s'entraînent : Albert et Albert senior, 37 ans et 54 ans. Encore une histoire de famille. « On travaille ensemble, on s'amuse ensemble », apprécie le fils, soudeur, pendant que le père met une assiette orange – le pigeon d'argile – sur une catapulte à ressort. Au « top » crié par le premier, le second déclenche le mécanisme qui propulse le pigeon dans les airs. D'une décharge, Albert l'éparpille, façon puzzle, sur la pelouse. « Le matériau est biodégradable, cela n'abîme pas la nature », précise l'intéressé.

Dan (en blanc), Aaron (en noir) et Ryan (en kaki) ont transformé des poussettes en chariots pour armes. Les munitions sont sur le siège, les fusils, fixés sur les côtés./Gilles Mingasson
Dan (en blanc), Aaron (en noir) et Ryan (en kaki) ont transformé des poussettes en chariots pour armes. Les munitions sont sur le siège, les fusils, fixés sur les côtés./Gilles Mingasson  

Au-delà de la prairie pour le ball-trap, de nombreux espaces de tir ont encore été aménagés. Un groupe d'hommes en tee-shirt et casquette traînent des poussettes pour bébé reconverties en chariots pour armes à feu. Les boîtes de munitions occupent les sièges. Les fusils à pompe et semi-automatiques sont fixés sur les côtés. Des emplacements, sur les poignées, accueillent des gobelets remplis de soda. « C'est comme du golf. On va d'une station à l'autre pour tirer entre copains », raconte Matt, 47 ans, pistolet à la ceinture.

Le groupe d'amis – quatre sont pilotes de ligne, le dernier est infirmier à l'hôpital – participe à un défi « trois armes ». Ils se déplacent de zone de tir en zone de tir. Chacune est occupée par des cibles en carton, grandes comme des panneaux de signalisation, et d'autres en métal, de la taille d'une main. Tour à tour, les participants courent à gauche, à droite, et abattent ces objectifs en alternant arme de poing, fusils à pompe et semi-automatique. Derrière les cibles, d'impressionnants monticules de terre stoppent les balles, évitant qu'elles ne filent en dehors de la zone. « On ne se bat pas contre les autres, mais contre soi-même. On cherche à toujours faire mieux », poursuit Matt. Le chrono est important, tout comme la précision. C'est Maggie, la fille de Ryan, un participant, qui enregistre les scores sur une tablette numérique. « Je tire aussi, mais pas encore très bien », souffle la blondinette de 8 ans.

«Dieu nous a donné ce droit de nous protéger»

Albert (à g.), 37 ans, s’exerce au ball-trap. Il tire sur le pigeon d’argile lancé au loin par le mécanisme déclenché par son père, Albert senior, 54 ans./Gilles Mingasson
Albert (à g.), 37 ans, s’exerce au ball-trap. Il tire sur le pigeon d’argile lancé au loin par le mécanisme déclenché par son père, Albert senior, 54 ans./Gilles Mingasson  

Consciencieusement, après chaque passage, les hommes vérifient que leurs armes sont déchargées avant de remettre en place les cibles. Dans les mains de ces gars costauds, sportifs, ces engins ressemblent à des jouets, mais les trous d'impact dans les cartons sont bien réels. D'ailleurs, pour ces Texans, ce hobby est bien plus qu'un simple passe-temps. « Cela fait monter l'adrénaline car c'est excitant, reconnaît Matt. C'est aussi un excellent moyen de rester au point avec les armes à feu. Sinon cela pourrait être dangereux de s'en servir. Et, grâce à cet entraînement, j'ai les compétences nécessaires pour protéger ma famille. »

Le papa de Maggie, Ryan, 40 ans, taillé comme une armoire, est sur la même longueur d'onde, viscéralement attaché à ce droit de se défendre : « Je veux bien partager ce que j'ai si on me le demande, mais je ne laisserai personne me prendre quoi que ce soit de force. » Idem pour Travis, l'infirmier du groupe, 34 ans : « Je suis un Texan et, dans mon âme, je crois en notre droit à posséder des armes à feu. Dieu nous a donné ce droit de nous protéger nous-mêmes. Et c'est aussi une bonne façon de faire partie d'une communauté, de rencontrer ses voisins, de se faire des amis et de pratiquer un sport. » Lui n'a pas appris à tirer avec son père, contrairement à beaucoup d'autres, mais avec les scouts. « Mon père a fait le Viêt Nam. Quand il est rentré, il était anti-armes. Allez comprendre… »

Au Texas, on peut détenir des armes automatiques

Peter, 13 ans, tire au fusil semi-automatique sous les yeux de son père, Ryan, et de sa sœur, Maggie, 8 ans, dans le jardin de la maison familiale, à Montgomery, près de Conroe, dans l’est du Texas./Gilles Mingasson
Peter, 13 ans, tire au fusil semi-automatique sous les yeux de son père, Ryan, et de sa sœur, Maggie, 8 ans, dans le jardin de la maison familiale, à Montgomery, près de Conroe, dans l’est du Texas./Gilles Mingasson  

Travis, Ryan, et beaucoup de leurs compatriotes ne sortent jamais sans arme. « On ne s'en aperçoit pas, mais j'ai toujours un pistolet sur moi, dans la rue, au supermarché, à l'église, prévient Ryan. Et si le gouvernement veut un jour me l'enlever, il devra me tuer et l'arracher de mes doigts froids. » Mais l'Américain a peu de raisons de s'inquiéter. Aux Etats-Unis, le recours aux armes est autorisé par la Constitution. Rédigé en 1791, jamais modifié, le second amendement dispose que « le droit de chacun de posséder et de porter une arme ne doit pas être enfreint ».

Dans la pratique, les Etats fixent chacun leurs règles, et le Texas figure parmi les plus permissifs. Ici, on peut acheter un fusil dès 18 ans, une arme de poing à partir de 21 ans, et les garder chez soi ou dans sa voiture. Un tel achat ne demande ni document particulier, ni enregistrement des armes sur un quelconque registre d'état, simplement un contrôle des antécédents judiciaires. Et encore, pas dans tous les cas. Pour porter une arme de poing en permanence, y compris dans les lieux publics – à l'exception des bâtiments fédéraux comme les bureaux de poste –, il faut en revanche un permis. Mais celui-ci s'obtient après un simple examen théorique et un test de dextérité. Contrairement à d'autres Etats, le Texas autorise même la possession de fusils automatiques, des machines particulièrement meurtrières. Une seule pression déclenche une rafale de balles. Cela exige néanmoins une autorisation plus coûteuse et fastidieuse à décrocher.

Une fois son arme en poche, chacun peut l'utiliser dans un stand de tir comme le Thunder Gun Range. Ou à domicile. Dans sa propriété entourée d'arbres, Ryan a positionné des cibles, des plaques en métal qu'il repeint souvent à la bombe pour cacher les impacts. Régulièrement, il fait tirer sa femme avec un 15-22, la version « baby » de l'AR-15, et aussi ses cinq plus grands enfants, âgés de 8 à 17 ans. La sixième et dernière de la famille, Bella, 5 ans, est encore trop jeune, concède-t-il.

Des compétitions avec les gamins du voisinage

Les amis se livrent à une compétition multi-armes./Gilles Mingasson
Les amis se livrent à une compétition multi-armes./Gilles Mingasson  

Le papa organise aussi des compétitions avec les gamins du voisinage. Il y a quinze jours, ils étaient onze à participer. L'aîné, RJ (pour Ryan Junior), 17 ans, et surtout la cadette, Elizabeth, 14 ans, se montrent très doués à ces jeux. Ryan (père) compte déjà offrir son propre calibre à sa grande fille, dès qu'elle aura atteint l'âge légal. « Quand un homme s'en prend à une femme, un pistolet rééquilibre le rapport de force, assure-t-il. Le problème, ce ne sont pas les armes, mais les gens qui les portent. » La faute, selon lui, revient au recul de la religion et de la moralité dans la société, et au manque d'encadrement des jeunes. « La seule chose que craint un méchant avec une arme, c'est un gentil avec une arme », martèle le Texan qui, pour appuyer sa démonstration, évoque le dernier attentat perpétré… à Paris! Le 25 septembre, un homme y a attaqué et blessé deux personnes avec un hachoir. « S'il avait surgi à la sortie de mon église, on aurait été six ou sept à dégainer. »