Affaire Alexeï Navalny : l’UE décide de sanctionner quatre hauts responsables russes

L’UE a décidé de sanctionner quatre hauts fonctionnaires russes responsables du traitement infligé à l’opposant russe. Aucun oligarque ne devrait être concerné par ces sanctions.

L'opposant russe Alexei Navalny se tient dans une cellule de verre lors d'une audience devant le tribunal à Moscou, le 20 février 2021.
L'opposant russe Alexei Navalny se tient dans une cellule de verre lors d'une audience devant le tribunal à Moscou, le 20 février 2021. KIRILL KUDRYAVTSEV

Nouveau regain de tension entre Bruxelles et Moscou. Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé ce lundi l’adoption de nouvelles sanctions contre quatre hauts fonctionnaires russes responsables du traitement infligé à l’opposant russe Alexeï Navalny, ont indiqué plusieurs diplomates.

Un « accord politique » a été trouvé au cours d’une réunion des ministres des Vingt-Sept, et le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a été chargé de proposer une liste de noms de responsables russes à sanctionner, ont précisé les diplomates. Aucun oligarque ne devrait être concerné, selon eux.

L’accord a été trouvé à l’issue d’une longue discussion entre les ministres, mais aucun nom ne sera cité à l’issue de la réunion. « Il s’agira de sanctions ciblées, proportionnées et fondées juridiquement », a expliqué un des diplomates.

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Les sanctions devraient viser « des responsables de l’appareil policier et judiciaire responsables du traitement inacceptable d’Alexeï Navalny », a indiqué le chef de la diplomatie autrichienne, Alexander Schallenberg, à son arrivée à la réunion.

« Il n’est guère possible de sanctionner les oligarques. Nous ne pouvons agir que contre des fonctionnaires, et cela uniquement si nous avons des preuves », a pour sa part souligné le chef de la diplomatie du Luxembourg, Jean Asselborn. Ces sanctions européennes consistent en une interdiction de visa et un gel des avoirs dans l’UE pour les personnes concernées.

Une mise en garde du Kremlin

Les proches d’Alexeï Navalny se sont dits déçus. « S’il s’agit de sanctionner dix fonctionnaires du Kremlin qui n’aiment pas voyager à l’étranger et n’ont pas de biens à l’étranger, alors ça ne sera pas douloureux et cela ne transmettra pas le message », a averti Leonid Volkov, un proche d’Alexeï Navalny, venu à Bruxelles plaider pour des sanctions européennes contre les oligarques proches du Kremlin.

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« Pour nous, cela va signifier que nous devons continuer notre lutte pour convaincre », a-t-il ajouté. Le Kremlin avait adressé une mise en garde aux Européens avant leur réunion. Moscou est « prêt à réagir » en cas de « nouveau cycle de mesures restrictives, unilatérales, illégitimes », a averti l’ambassadeur russe auprès de l’UE, Vladimir Chizhov, dans un entretien au quotidien allemand Die Welt.

Une « politisation » de la justice russe

Alexeï Navalny, 44 ans, a été arrêté en janvier à son retour d’Allemagne où il avait été soigné après avoir été empoisonné en Russie. Poursuivi pour une fraude datant de 2014, il a été condamné à purger une peine d’environ deux ans et demi de prison. Il a également été reconnu coupable de « diffamation » envers un vétéran de la Seconde Guerre mondiale et condamné à une amende de 850 000 roubles (environ 9 500 euros).

L’UE a dénoncé une « politisation » de la justice russe et exigé la libération sans conditions de l’opposant.