Acquitté, Donald Trump impatient de «continuer l’aventure» pour la «grandeur de l’Amérique»

Faute de voix républicaines suffisantes, l’ex-président a été acquitté samedi à l’issue de son procès au Sénat. S’il peut se féliciter de garder la main sur son parti, il fait désormais face à de nouveaux ennuis, en justice cette fois.

Avec ce procès, les démocrates espéraient, en cas de condamnation, rendre Donald Trump inéligible à l’issue d’un second vote. Il n’en sera rien. (archive)
Avec ce procès, les démocrates espéraient, en cas de condamnation, rendre Donald Trump inéligible à l’issue d’un second vote. Il n’en sera rien. (archive) BRENDAN SMIALOWSKI

A l’issue d’un procès d’une semaine, les sénateurs américains ont fini, sans surprise, par acquitter Donald Trump ce samedi soir. L’ex-président était mis en accusation par la Chambre des représentants pour « incitation à l’insurrection » lors de l’assaut du Capitole du 6 janvier. Pour le condamner, deux tiers des voix du Sénat étaient nécessaires : il aurait donc fallu qu’au moins 17 sénateurs républicains rejoignent leurs collègues démocrates. Seulement sept l’ont fait. Mitch McConnell, chef de file des républicains au Sénat, avait fait savoir le matin même qu’il voterait l’acquittement.

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Peu importe les preuves accablantes, vidéos chocs et tweets à l’appui, avancées par les démocrates durant ces quelques jours, peu importe la qualité des avocats : il était clair que la plupart des républicains resteraient solidaires avec Donald Trump. C’est la preuve que le milliardaire, bien qu’exilé en Floride, sans accès à Twitter ni à Facebook, reste le chef incontesté de son parti. Les élus, dont beaucoup seront candidats à leur réélection dans deux ou quatre ans, ne peuvent pas se permettre de le défier sous peine de se voir imposer un rival lors de primaires. La base électorale, elle, reste de toute façon fidèle au patron.

Avec ce procès, les démocrates espéraient, en cas de condamnation, rendre Donald Trump inéligible à l’issue d’un second vote. Il n’en sera rien. Il pourra désormais être candidat en 2024, bien qu’il n’ait pour l’instant fait aucune annonce officielle en ce sens. Il restera toutefois le seul président de l’histoire des Etats-Unis à être frappé deux fois par un « impeachment ».

Trump promet de continuer à défendre « la grandeur de l’Amérique »

Remerciant tous les sénateurs « qui ont fièrement défendu la Constitution », Trump a dénoncé un procès en destitution qui n’était à ses yeux qu’ «une nouvelle phase de la plus grande chasse aux sorcières de l’histoire ». « Aucun président n’a jamais été traité de la sorte », a-t-il martelé, sans mentionner les 7 républicains ayant voté pour un verdict de culpabilité.

« Notre mouvement magnifique, historique et patriotique, Make America Great Again, ne fait que commencer », a aussi réagi Donald Trump dans un communiqué. « Dans les mois à venir, j’aurai beaucoup de choses à partager avec vous et suis impatient de continuer notre incroyable aventure pour la grandeur de l’Amérique », a-t-il ajouté, sans donner de précisions sur la façon dont il envisageait son avenir politique.

Des ennuis judiciaires guettent l’ex-président

Outre ce volet politique désormais clos, d’autres ennuis, judiciaires cette fois, guettent l’ex-président. En Géorgie, un Etat remporté par le démocrate Joe Biden, une enquête est ouverte pour savoir si le camp Trump a tenté de renverser les résultats de l’élection présidentielle. Dans un coup de fil dont le contenu a été dévoilé publiquement, on peut entendre Donald Trump demander au secrétaire d’Etat de Géorgie, en charge des élections, de « trouver » les voix nécessaires à sa victoire. Les dépenses liées à son investiture en janvier 2017 font aussi l’objet de trois enquêtes différentes.

A New York, ce sont les affaires personnelles du magnat de l’immobilier qui sont visées. La procureure générale de cet Etat a lancé une enquête sur les finances de la Trump Organization. Donald Trump fait aussi l’objet d’un procès en diffamation de la journaliste E. Jean Carroll, qui l’avait accusée de viol en 2019 avant d’être traitée de menteuse par le président.