Vol de vélos : le «bike tracker», un outil pour pister son deux-roues

De plus en plus de Français équipent leur vélo d’un traceur pour augmenter leur chance de retrouver leur vélo en cas de vol. Rémi Bader, directeur des opérations d’Invoxia, nous explique le fonctionnement de cet outil.

 « Lorsque votre vélo est équipé d’un traceur, les chances de le retrouver après un vol augmentent », estime Rémi Bader.
« Lorsque votre vélo est équipé d’un traceur, les chances de le retrouver après un vol augmentent », estime Rémi Bader. LP/Claire Duhamel

La start-up française Invoxia commercialise depuis septembre dernier un traceur GPS. Baptisé le « bike tracker », le gadget high-tech permet de suivre les déplacements d'un vélo et de tenter de le retrouver après son vol. Ce produit connaît depuis la fin du confinement une forte augmentation de ses ventes. Chaque semaine Invoxia vend trois fois plus de trackers qu'en début d'année. Rémi Bader, ingénieur, directeur des opérations d'Invoxia nous explique comment cela fonctionne.

Pourquoi installer un tracker sur son vélo ?

RÉMI BADER. Jusqu'à une période récente, un vélo était souvent considéré comme un objet de loisir, relativement peu utilisé au quotidien pour se déplacer et bon marché. Le vol de vélos ne rentrait pas forcément dans les priorités des forces de l'ordre et attirait peu l'attention des piétons. Avec l'augmentation du prix moyen des vélos, l'explosion de la pratique au quotidien et du nombre de vols, cela pourrait changer. Lorsque votre vélo est équipé d'un traceur, les chances de le retrouver après un vol augmentent. Dans un premier temps, vous pouvez déjouer des tentatives de vol car vous allez recevoir des notifications sur votre smartphone quand votre vélo bouge. Si vous êtes à proximité, vous pourrez intervenir avant qu'il ne disparaisse. Ensuite, si votre vélo est volé et se déplace vous pourrez suivre en direct ses déplacements, tant que le traceur n'a pas été repéré ou cassé et tenter donc de le récupérer.

Combien ça coûte et comment cela fonctionne ?

Le prix tout compris (matériel et service) du « bike tracker » s'élève à 149 euros pour trois ans. Si vous allez au-delà des trois ans, le service coûte 9,90 euros par an. Le fonctionnement est simple. Après l'achat de votre balise, vous n'avez plus qu'à installer l'application Invoxia GPS sur votre téléphone. L'outil se recharge avec un câble micro USB. Une fois installé sur votre vélo, son autonomie va être de deux à trois mois selon les usages, ce qui est très confortable. Quand la batterie descend en dessous de 20 %, vous recevrez des e-mails vous rappelant qu'il faut le recharger.

Que fait la police grâce à vos données ?

Avec les données GPS, les forces de l'ordre peuvent partir récupérer le vélo. S'ils n'y parviennent pas, ils vont pouvoir mener une enquête qui pourra déboucher sur la restitution de votre vélo, voire sur le démantèlement d'une filière et l'interpellation des receleurs. Grâce à certaines positions, on aide la police à exploiter les images de vidéosurveillance. On leur donne des fenêtres de passage devant les caméras de vidéosurveillance. Ils savent donc à quel moment regarder les caméras et peuvent ainsi reconstituer le film du vol, ou identifier les voleurs. Invoxia a une politique très claire de collaboration avec les forces de l'ordre, en France ou à l'étranger. En Allemagne, à Hambourg, les policiers vont encore plus loin dans l'utilisation de notre technologie. Ils équipent des flottes de vélos avec notre traceur GPS, puis les laissent en évidence dans la rue pour se les faire voler. Les policiers n'ont plus qu'à suivre la balise GPS pour les retrouver et démanteler des filières de revente de bicyclettes volées.