Trottinettes électriques à Paris : la guerre des tarifs est déclarée

Le marché parisien ne compte plus que trois opérateurs sélectionnés par la Ville : Lime, Dott et TIER. Chacun peut déployer 5000 trottinettes en libre-service. Et ils se livrent bataille sur les tarifs proposés.

 Dott, TIER et Lime ont le droit de déployer 5000 trottinettes électriques chacun pour une durée de deux ans.
Dott, TIER et Lime ont le droit de déployer 5000 trottinettes électriques chacun pour une durée de deux ans.  LP/Sébastian Compagnon

C'est une nouvelle étape qui s'ouvre pour les services de « micromobilité partagés ». Les trois opérateurs de trottinettes électriques en libre-service retenus par la Ville de Paris ont officiellement signé leur contrat le 27 septembre. Depuis cette date, l'américain Lime, le franco-néerlandais Dott et l'allemand TIER Mobility sont les seuls autorisés à déployer chacun 5000 trottinettes dans les rues de la capitale, pour une durée de deux ans. Exit donc Bird, VOI et la dizaine d'autres concurrents qui avaient posé leurs roues à Paris depuis 2018.

L'appel à candidatures de la Ville de Paris avait établi trois critères de sélection : la « responsabilité environnementale » (40 % de la note), la sécurité des usagers (30 %) et enfin la « gestion, maintenance et recharge » du parc de trottinettes (30 %). Chaque opérateur choisi doit respecter une charte et s'acquitter d'une redevance (65 euros par an et par trottinettes). Qui sont ces opérateurs et lequel choisir en fonction de vos besoins ? Voici notre petit guide pour y voir plus clair.

Trottinettes électriques à Paris : la guerre des tarifs est déclarée

Qui sont les trois opérateurs ?

Lime. Premier arrivé à Paris, en juin 2018, la société californienne s'est vite imposée comme le leader du marché, en déployant une imposante flotte, de plus de 7000 trottinettes. Lime est présent dans 120 villes dans le monde. Parmi ses forces : sa capacité à gérer une flotte importante, depuis de nombreux mois. Fragilisé par la crise du Covid, Lime a été renfloué par Uber, lequel lui a cédé sa filiale JUMP (vélos et trottinettes électriques). Lime est ainsi le seul opérateur privé à proposer dans son appli 2000 vélos électriques (JUMP) dans la capitale, aux mêmes tarifs que les trottinettes.

Dott. Fondé par des anciens cadres français d'Uber notamment, Dott fait figure de Petit Poucet dans le secteur. Il est actif dans 14 villes et cinq pays. La société, dont le siège est à Amsterdam (Pays-Bas), a toujours fait de la capitale française une de ses priorités. Dans son entrepôt de Rungis (Val-de-Marne), Dott a mis dès le début l'accent sur la maintenance et le recyclage de ses engins, pour prolonger leur durée de vie. Ses équipes, qui se déplacent en véhicule électrique pour aller changer les batteries vides, sont déjà bien rodées. Dott est le seul à avoir maintenu son activité pendant le confinement. Parmi les projets : le lancement d'un vélo électrique en libre-service, prévu pour l'année 2021.

TIER. L'entreprise allemande est peu connue du public français. Et pour cause : elle n'avait déployé que 500 trottinettes dans la capitale en 2019. TIER est pourtant l'un des plus gros opérateurs européens de micromobilité, présent dans 70 villes et neuf pays, où il a fait ses preuves en privilégiant très tôt l'innovation (batteries interchangeables), les énergies vertes et le recyclage. Particularité : il est le seul opérateur à proposer un casque pliant sur certaines de ses trottinettes à Paris. TIER a aussi mené de très importantes levées de fonds avant le Covid, ce qui lui permet aujourd'hui d'être robuste financièrement. Il a ainsi racheté les scooters électriques COUP et pourrait à nouveau les déployer à Paris, après leur départ fin 2019.

Quel opérateur choisir en fonction de ses besoins ?

Eclairage, freinage, vitesse : chaque opérateur propose un modèle de trottinette obéissant aux mêmes critères de sécurité. Toutes sont bridées à 20 km/h. Les engins déployés aujourd'hui sont plus solides et confortables que ceux lancés il y a deux ans. En termes de performance, il est donc difficile de faire la différence entre les opérateurs.

En revanche, les trois concurrents se distinguent sur les tarifs proposés. Alors que la crise du Covid-19 a très fortement réduit le nombre de touristes à Paris, qui représentaient jusqu'à 40 % des courses, ils misent désormais sur la fidélisation de leurs clients locaux. « Nos clients sont de moins en moins occasionnels et parcourent des distances plus longues », constate Antoine Bluy, le manager de Lime à Paris. Même tendance chez Dott, chez qui un tiers des courses sont effectuées pour des trajets domicile-travail.

Les 15 000 trottinettes en libre-service doivent être déposées sur l’un des 2500 emplacements aménagés par la Ville de Paris. LP/Delphine Goldsztejn
Les 15 000 trottinettes en libre-service doivent être déposées sur l’un des 2500 emplacements aménagés par la Ville de Paris. LP/Delphine Goldsztejn  

Pour ces adeptes du « trottitaf » ponctuel ou régulier, Lime, Dott et TIER proposent des « passes » à la journée ou au mois, plus avantageux que le paiement à la minute. TIER et Dott, en position de challenger face au leader Lime, lancent des forfaits de 24 heures comprenant des courses illimitées, à des tarifs inférieurs à ceux de Lime. L'allemand TIER casse aussi les prix sur le tarif à la minute : 12 centimes, contre 20 chez ses concurrents.

Enfin, le critère déterminant pour fidéliser les clients est la disponibilité des engins. Avec une flotte totale de 15 000 trottinettes, les clients parisiens devraient en principe être servis à peu près partout. Encore faut-il que les opérateurs fassent preuve d'une bonne logistique pour réguler, maintenir et recharger leur flotte.

Où doivent être garées les trottinettes ?

Désormais, les trottinettes en « flotte libre » doivent obligatoirement être stationnées sur les 2500 « zones de remisage partagées » instaurées par la Ville. Celles-ci sont symbolisées par une trottinette peinte au sol. Une douzaine d'engins peuvent être déposés sur chaque emplacement. Attention : les automobilistes et les deux-roues motorisés ne sont pas autorisés à occuper ces emplacements.

Dans le même temps, les trottinettes n'ont pas le droit d'être déposées sur les arceaux pour vélos, ni sur les parkings réservés aux deux-roues motorisés. Les applis de Lime, Dott et TIER informent leurs clients des zones autorisées pour déposer leur trottinette à la fin d'un trajet.