RER B : les 33 rames MI84 rénovées commencent à entrer en service

Le premier train remis à neuf par Alstom a été inauguré ce mercredi matin. Cinq autres doivent rouler d’ici à la fin de l’année. En attendant les trains à deux étages prévus pour 2025.

 Valérie Pécresse, la présidente d’Ile-de-France Mobilités, inaugure une rame MI84 rénovée du RER B à Bagneux (Hauts-de-Seine), avec Philippe Martin, directeur adjoint de la RATP.
Valérie Pécresse, la présidente d’Ile-de-France Mobilités, inaugure une rame MI84 rénovée du RER B à Bagneux (Hauts-de-Seine), avec Philippe Martin, directeur adjoint de la RATP. LP/Sébastian Compagnon

Enfin. Longtemps repoussée, la mise en service de la première rame MI84 rénovée a eu lieu ce mercredi matin sur la ligne B, à Bagneux (Hauts-de-Seine). Valérie Pécresse, la présidente d'Ile-de-France Mobilités, et Philippe Martin, le directeur adjoint de la RATP, sont montés à bord de ce train rénové, plus vaste (312 places assises contre 232), équipé de caméras de vidéoprotection, de sièges neufs et d'un éclairage à led. Chaque train a nécessité 20 000 heures de travail, dans l'usine Alstom de Reichsoffen (Bas-Rhin).

Cette rame est la première d' une commande de 33 trains, passée au constructeur Alstom. Cinq autres exemplaires doivent entrer en circulation d'ici la fin de l'année, suivis d'une quinzaine en 2021 et autant en 2022. Ces trains MI84, construits il y a une trentaine d'années, représentent un quart du matériel roulant sur la ligne B. Les autres rames (MI79) ont déjà été modernisées.

Si ce marché à environ 100 millions d'euros n'est pas le plus coûteux en Ile-de-France, il bénéficie à l'une des lignes les plus fréquentées (un million de déplacements par jour) et souffrant de nombreux problèmes de ponctualité (87,4 % des trains à l'heure en 2019). Mais la livraison de ces trains a connu elle aussi… un retard de plus d'un an et demi. En cause : le désamiantage des voitures, la grève contre les retraites de décembre, la crise du Covid et de longs délais d'homologation.

« On l'attendait depuis longtemps. La ventilation réfrigérée, la vidéo, 100 places assises supplémentaires, c'est un gain de confort. Cela peut sembler être un petit chantier, par rapport à la commande des futurs trains MING, un marché de 3 milliards. Mais il n'y a pas de petits contrats, cette rénovation est importante pour les voyageurs au quotidien », a déclaré Valérie Pécresse.

L'automatisation, «mon combat de la fin de l'année», affirme Valérie Pécresse

Une fois en circulation, ces trains MI84 rouleront jusqu'à leur remplacement par les modèles de nouvelle génération, les MING. Le marché de ces 146 rames à deux étages, d'une capacité accrue de 20 % à 30 %, doit être attribué d'ici la fin de l'année, pour un début de livraison en 2025, au mieux.

Mais les trains neufs ne font pas tout. Pour améliorer la fiabilité de la ligne, c'est toute l'infrastructure des lignes B et D qui doit être modernisée, avec notamment le système d'automatisation Nexteo, permettant d'augmenter la fréquence des trains entre Châtelet et la gare du Nord. Ce projet a été repoussé d'un an par la SNCF, pour une mise en service en 2027. « C'est mon combat de la fin de l'année, a déclaré Valérie Pécresse, qui attend des engagements financiers du gouvernement pour ce projet dans le cadre du contrat de plan Etat-région. Je l'ai dit au Premier ministre. On m'a donné l'engagement que le B et D étaient prioritaires. Je mets tout mon poids dans la balance. »

Alors que la fréquentation du RER B plafonne à 64 % depuis le déconfinement, les heures de pointe sont chargées, particulièrement sur la partie nord de la ligne. Peu à peu, les nombreux chantiers en cours donneront des résultats visibles, assure-t-on chez Ile-de-France Mobilités et la RATP. « Souvenez-vous, il y a dix ans, on parlait de la galère sur le RER A, a rappelé Philippe Martin. Il faut des années pour mener à bien la rénovation et gagner en régularité. Ces investissements sur le B sont un message d'espoir. On va y arriver, on en est certain. »