Remplacement des RER B : le bras de fer entre Alstom et la RATP-SNCF est lancé

L’entreprise Alstom a confirmé qu’elle renonce au contrat de construction des futurs trains, pourtant remporté par Bombardier qu’elle vient de racheter. Ce jeudi soir, le groupement RATP-SNCF s’est dit «prêt à engager toutes les actions judiciaires».

 Valérie Pécresse, présidente d’Ile-de-France Mobilités, et Henri Poupart-Lafarge, président d’Alstom (à droite), en octobre 2019, dans l’usine Alstom de Reichshoffen (Bas-Rhin).
Valérie Pécresse, présidente d’Ile-de-France Mobilités, et Henri Poupart-Lafarge, président d’Alstom (à droite), en octobre 2019, dans l’usine Alstom de Reichshoffen (Bas-Rhin). LP/Sébastian Compagnon

La guerre est désormais déclarée. Et ce sont, une fois encore, les usagers du RER B qui en seront les victimes. Comme Alstom l'avait laissé entendre dans Le Parisien, l'entreprise a confirmé, ce jeudi soir, qu'elle retirait l'offre de Bombardier Transport pour construire les nouveaux trains du RER B.

Selon elle, « les conditions technico-financières de l'offre du consortium BT-CAF ne correspondent pas aux prix de marché et ne permettent pas d'exécuter ce contrat sans risques importants pour le financeur, l'exploitant, les voyageurs et pour notre entreprise ».

L'entreprise, qui a repris Bombardier Transport le 29 janvier, explique que « plusieurs audits, internes et externes, ont été menés » et qu'elle « a déjà identifié plusieurs non-conformités disqualifiantes qui auraient dû conduire la RATP à rejeter l'offre de Bombardier-CAF ».

Ce sont ces « problèmes » qui l'ont poussée à demander une médiation à la RATP en début de semaine. Elle explique par ailleurs préférer « son offre », qui serait d'au moins 500 millions d'euros plus chère.

La RATP et SNCF Voyageurs ne veulent pas se laisser faire

Sauf que la RATP et SNCF Voyageurs assurent, de leur côté, avoir réalisé un audit l'été dernier de l'offre de Bombardier et CAF. Audit qui n'a pas conclu à une offre anormalement basse.

La bataille devrait désormais se poursuivre devant les juges. Le groupement RATP-SNCF Voyageurs a réagi quelques heures plus tard. Et ce jeudi soir, s'est dit « prêt à engager toutes les actions judiciaires à l'encontre d'Alstom-Bombardier, compte tenu de l'engagement pris par le groupement Bombardier-CAF lors de la remise de l'offre ferme ».

146 trains prévus initialement pour 2025

L'appel d'offres a été lancé en 2018 par la RATP et SNCF Voyageurs pour construire 146 nouveaux trains pour le RER B, dont les actuelles rames vont fêter leurs quarante ans.

En janvier dernier, soit deux ans et demi plus tard, Bombardier Transport — encore indépendant à l'époque — et CAF ont été retenus face à Alstom. Mais cette dernière a retardé la signature du contrat à coups de recours suspensifs devant les tribunaux de grande instance et administratif, jusqu'à sa prise de contrôle des activités ferroviaires du groupe canadien Bombardier. Ce vendredi, le tribunal administratif doit d'ailleurs examiner l'un d'eux et se prononcer sur la viabilité de l'offre contestée par Alstom.

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Les 146 trains étaient attendus à partir de 2025 sur le RER B. Les associations d'usagers désespèrent désormais de les voir un jour arriver. Et ce jeudi soir, en raison d'un défaut électrique, la ligne a été brutalement interrompue à 20 h 50. La reprise n'était estimée que pour minuit.