Qui sera le meilleur conducteur de bus de France ?

Les épreuves du Bus d’Or, qui se sont déroulées du 12 au 14 octobre dans les rues de Paris, ont été impressionnantes. L’occasion pour des conducteurs de la France entière d’échanger sur leurs habitudes de conduite.

 Le 14 octobre 2020. Driss (à gauche) conducteur de bus sur le réseau Tice à Evry, et Jean-Claude (à droite) d’Auxerre, échangent leurs impressions après la conduite en condition réelle entre Montparnasse et Madeleine.
Le 14 octobre 2020. Driss (à gauche) conducteur de bus sur le réseau Tice à Evry, et Jean-Claude (à droite) d’Auxerre, échangent leurs impressions après la conduite en condition réelle entre Montparnasse et Madeleine. LP/Jila Varoquier

Ce sont les meilleurs chauffeurs de bus de l'Hexagone. D'abord sélectionnés dans les plus grandes villes de France, ils se sont affrontés, ce mercredi après-midi, dans les rues particulièrement vides de Paris, pour obtenir la première place du concours le Bus d'Or.

Et à l'occasion de cette dernière épreuve sur la ligne 94, entre Montparnasse et Madeleine, Martine, une habituée, note immédiatement un changement : «Ça se voit que ce ne sont pas les mêmes conditions, ni les mêmes conducteurs que d'habitude. Là, on ne valdingue pas de gauche à droite et on n'est pas secouée comme des pruniers !»

«La circulation n'a rien à voir ici !»

Quant aux chauffeurs, majoritairement issus de la province, ils ont eux aussi vite remarqué la différence avec leur quotidien : «Chapeau bas la RATP ! lâche spontanément Jean-Claude, d'Auxerre. La circulation n'a rien à voir ici ! Il y a sans cesse des vélos, des trottinettes, les piétons, et tous ceux qui se garent dans nos voies. Ça doit être fatigant au quotidien.»

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Driss, pourtant conducteur sur le réseau Tice voisin, à Evry (Essonne), le reconnaît lui aussi : «Il faut avoir les yeux partout, il y en a là, là et encore là ! En banlieue, c'est rare que l'on ait des gens garés dans les files réservées au bus. J'avoue, je n'étais pas super à l'aise», lâche-t-il dans un éclat de rire.

«Pourtant, c'est une journée très calme. Le conducteur près de moi n'en revenait pas qu'il n'y ait personne sur le boulevard Saint-Germain», confie un troisième participant.

«J'ai failli sortir l'appareil photo»

Michel, lui, venu de Perpignan n'en revient toujours pas d'avoir traversé la Concorde et les Champs-Elysées au volant : «La pression est montée depuis ce matin. J'avais peur que ce soit très difficile. Mais en fait, les gens sont plutôt sympas, il n'y a pas tant de circulation que ça par rapport à ce que j'avais imaginé. C'était très agréable. J'ai failli sortir l'appareil photo quand je suis passé devant l'Assemblée nationale ».

Doriane, 32 ans, conductrice à la RATP entre Porte de la Chapelle et le secteur de Stains, est, elle, un peu plus habituée : «C'est sûr que pour conduire ici, il faut être d'un tempérament plutôt calme. Sinon, on ne fait pas ce métier !»

Le 14 octobre 2020, Paris. Doriane, 32 ans, conductrice à la RATP, en piste pour remporter le prix du meilleur chauffeur de bus de France./LP/Jila Varoquier
Le 14 octobre 2020, Paris. Doriane, 32 ans, conductrice à la RATP, en piste pour remporter le prix du meilleur chauffeur de bus de France./LP/Jila Varoquier  

Dans la matinée déjà, le concours leur a donné du fil à retordre. Il leur a fallu réussir à freiner avec le bus au milieu d'une cible. Puis faire demi-tour dans un carré, avec sur un support, une balle, qu'ils devaient déposer ensuite dans une malle. «C'était extrêmement dur», reconnaît, impressionné, un membre de l'organisation.

Un secteur en recrutement constant

Le vainqueur du concours sera non seulement sacré meilleur conducteur de bus de France, mais il recevra également 1000 euros en bons d'achat.

Organisés depuis 1998, les Bus d'Or visent à faire connaître le métier et le valoriser : «Il y a encore des secteurs en France, où on a du mal à recruter», reconnaît Stéphanie Lopez, de l'Union des Transports Publics, organisateur de la compétition. Rien qu'en Ile-de-France, Keolis, Transdev ou la RATP sont à la recherche de plusieurs centaines de conducteurs de bus.