Ile-de-France : les trains régionaux vont s’arrêter plus souvent en grande banlieue

Ile-de-France Mobilités va financer un arrêt quotidien en plus dans des gares de Seine-et-Marne ou des Yvelines de trois TER, venus de régions limitrophes. Un coup de pouce « pour éviter la frustration » des habitants de banlieue qui voient passer des trains parfois vides, annonce Valérie Pécresse.

 La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), ce jeudi 8 octobre. Les trains de la ligne P sont souvent chargés le matin. Un TER de la région Grand-Est va faire un arrêt supplémentaire dans cette gare en 2021.
La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), ce jeudi 8 octobre. Les trains de la ligne P sont souvent chargés le matin. Un TER de la région Grand-Est va faire un arrêt supplémentaire dans cette gare en 2021. LP/Jean-Gabriel Bontinck.

Cela vous est peut-être déjà arrivé, en attendant votre train de la ligne N, P ou R en direction de Paris : voir filer, sans s'arrêter, un train rapide – et loin d'être plein — vers la capitale, pendant que vous attendez encore le vôtre qui promet d'être bondé. Rageant… D'autant que le seul problème de ce train, c'est finalement d'avoir le logo d'une région autre que l'Ile-de-France.

Ce n'est heureusement pas toujours le cas. Certains TER ou Intercités venus de Normandie peuvent par exemple s'arrêter à Mantes-la-Jolie (Yvelines), et bénéficier aux voyageurs du quotidien. Valérie Pécresse, présidente de la région et d'Ile-de-France Mobilités (IDFM), a décidé d'en faire plus.

Elle annonce au Parisien le vote, ce jeudi au conseil d'IDFM, d'une rallonge de 800 000 euros pour financer trois arrêts de TER supplémentaires, à La Ferté-sous-Jouarre et Nemours Saint-Pierre (Seine-et-Marne) et à Saint-Quentin-en-Yvelines, à partir de janvier 2021.

Des gains de temps de 10 à 15 minutes

Dans le détail, un TER du Grand-Est va s'arrêter à 8h16 à La Ferté-sous-Jouarre, direction gare de l'Est, entre les deux trains déjà chargés de la ligne P en provenance de Château-Thierry, à 7h57 et 8h27.

Dans le sens des retours, un TER de la région Centre Val-de-Loire au départ de la gare de Bercy à 18h02 va s'arrêter à Nemours Saint-Pierre à 18h52, soit un gain de temps d'environ 15 minutes par rapport aux trains de la ligne R à gare de Lyon.

Enfin, un autre TER du Centre, partant de Montparnasse à 8h06, s'arrêtera à 8h28 à Saint-Quentin-en-Yvelines. Ce qui fera gagner une dizaine de minutes aux salariés qui vont dans ce pôle d'activités des Yvelines.

3,5 millions d'euros pour 8 arrêts

Ces trois arrêts s'ajoutent à cinq autres mis en place en décembre 2019, à La Ferté-sous-Jouarre déjà, Longueville (Seine-et-Marne) et Mantes-la-Jolie. Soit 3,5 millions d'euros dépensés par IDFM pour ces huit stops salvateurs pour les Franciliens.

« Je veux améliorer la desserte de la très grande couronne par tous les moyens, insiste Valérie Pécresse. Par du matériel neuf, des renforts d'offres, mais aussi par un travail interrégional : j'ai mis tout mon poids dans la balance pour faire arrêter la frustration de voir passer des TER des autres régions qui ne sont pas pleins. »

Négociations serrées

L'Ile-de-France a donc mené des négociations serrées avec les régions Grand-Est, Normandie et Centre Val de Loire pour obtenir ces arrêts supplémentaires, qui bénéficieront à « des centaines d'habitants de grande couronne ».

« Un travail de fourmi, précise Valérie Pécresse, il a fallu faire des audits, calculer les taux de remplissage, pour définir quels TER ne sont pas pleins et circulent à une heure intéressante. »

Et négocier aussi les dédommagements versés. Car ces régions ne gagnent rien en vente de billets avec les usagers Franciliens, puisque ces TER leur sont accessibles avec le passe Navigo.

« Ces arrêts en plus, ça a l'air de petites choses. Mais un train peut changer beaucoup, c'est une amélioration très concrète du quotidien, très demandée par les associations d'usagers, explique Valérie Pécresse. On continue de regarder où on peut faire des arrêts supplémentaires ».

A La Ferté-sous-Jouarre, on apprécie la bonne nouvelle

« Des trains en plus, c'est du monde en moins ! » Pour Françoise, habitante de La Ferté-sous-Jouarre qui travaille à Paris, ces arrêts de TER, c'est du bon sens. « Actuellement, surtout à Meaux, ça devient très chargé, même s'il y a un peu moins de monde avec l'épidémie », indique-t-elle.

« Un train toutes les demi-heures, ce n'est pas suffisant à l'heure de pointe », approuve Laurence, sur le même quai. Le train de 7h42, rajouté l'an dernier, a trouvé ses adeptes. Celui de 7h57 est beaucoup plus chargé, de même que celui de 8h27. Alors quand les voyageurs apprennent que le train de la région Centre qui vient filer sans s'arrêter à 8h16 fera un arrêt ici en janvier, ils apprécient la bonne nouvelle.

« Dès Trilport, cela se charge beaucoup, et à Meaux les quais sont blindés, ajoute Floriane, infirmière de 37 ans qui travaille dans le XIVe arrondissement. Je dois souvent prendre la voiture avec mes horaires décalés. Un train en plus à 8h16, ça désengorgerait le 8h27, c'est sûr ! » « C'est génial », sourit Lionel. « Un train en plus, ce serait cool, appuie Adrien, 18 ans. Mais il en faudrait l'après-midi aussi pour revenir. »