Ile-de-France : la commande des nouveaux RER B encore retardée !

La construction pour 2025 de 146 nouveaux trains indispensables au RER B est à nouveau repoussée. Alstom, qui avait perdu le marché au profit de Caf-Bombardier, a fait un nouveau recours en justice.

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 Le RER B (ici une vieille rame MI84 en rénovation dans l’usine Alstom de Reichshoffen) n’est pas près de voir arriver ses nouveaux trains.
Le RER B (ici une vieille rame MI84 en rénovation dans l’usine Alstom de Reichshoffen) n’est pas près de voir arriver ses nouveaux trains.  LP/Sébastian Compagnon

Les nouveaux RER B, ce n'est pas pour tout de suite… Un nouveau contretemps vient d'arriver dans le feuilleton de la commande des 146 nouveaux trains à deux étages qui devaient venir équiper le RER B à partir de 2025. C'est le constructeur Alstom, non retenu pour ce marché géant de 2,56 milliards d'euros, qui a formé un nouveau recours devant le tribunal administratif de Paris, ont annoncé RATP et SNCF ce lundi matin.

Le marché des nouveaux RER B, baptisés MI20, a été attribué au duo de constructeurs Bombardier Caf, le 13 janvier dernier. Alstom, éconduit après avoir déjà tenté d'annuler la procédure à plusieurs reprises, a donc à nouveau utilisé l'arme juridique pour contester la perte de ce marché. Et ce, le jour même où l'accord devait être signé entre RATP, SNCF et Caf-Bombardier.

La commande est donc repoussée à une date inconnue, ce qui risque de retarder encore la livraison de ces nouveaux trains tant attendus sur la deuxième ligne la plus chargée d'Europe, avec 1 million de voyageurs quotidiens (hors Covid). La décision sur ce référé est attendue sous 20 jours.

«Mesure dilatoire»

« Cette décision entrave la volonté des opérateurs et d'Île-de France Mobilités, qui a voté en décembre dernier les financements pour moderniser et fiabiliser la ligne B du RER, de répondre à l'urgence de cette ligne », se désolent RATP et SNCF, qui « regrettent vivement cette multiplication de procédures, qui conduit en pratique à retarder la commande des trains MI20 et s'apparente à une mesure dilatoire ».

Le recours est d'autant plus problématique qu'il s'accompagne d'une autre action en justice : « Alstom s'est également pourvu au Conseil d'Etat contre le dernier jugement du Tribunal administratif du 13 janvier validant la régularité de la procédure d'acquisition », précisent la RATP et SNCF Voyageurs. Cette action devant le Conseil d'Etat n'est toutefois pas suspensive.

En outre, pour rajouter à la complexité de la situation, la fusion entre Alstom et son concurrent Bombardier doit être effective dans les prochains jours. Ce qui, selon certains experts du secteur, pourrait remettre à plat tout ou partie de la procédure du renouvellement des RER B…

La RATP et SNCF Voyageurs, « soutenus par leur autorité organisatrice Île-de-France Mobilités qui a initié et financé ce marché », ont beau se dire « déterminés à mener à bien cette procédure de passation de marchés dans l'intérêt des Franciliens », nul ne sait désormais quand cela aura lieu…

«Attitude scandaleuse» d'Alstom selon le représentant des usagers

« Ce sont surtout les usagers du RER B qui attendront. Attitude scandaleuse d'une entreprise sur certains qualifiaient il y a peu de champion national », a dénoncé, sur Twitter, le représentant des usagers auprès d'IDFM, Bernard Gobbitz. Il s'alarme d'un éventuel surcoût de 600 millions d'euros si Alstom récupère le marché au final, ou d'un retard d'un an et demi s'il fallait relancer l'appel d'offres…

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« Avec ces manœuvres, l'appel d'offres sera caduc alors que nos vieux trains ont plus de 40 ans et accumulent de plus en plus de pannes », dénonce, de son côté, l'association Plus de trains, qui appelle les décideurs politiques à « faire preuve d'autorité avec Alstom ».