Gare du Nord à Paris : c’est parti pour quatre ans de travaux !

Le projet de rénovation et d’agrandissement de la première gare d’Europe se poursuit après l’accord entre la SNCF et la Ville de Paris. Voici le déroulement de ce chantier géant tel qu’il sera présenté aux riverains et usagers le jeudi 21 janvier lors d’une réunion publique.

 Visuel du projet de rénovation de la gare du Nord, à Paris, à l’horizon 2024. C’est le bâtiment surmonté d’un parc paysager qu’il faut construire au-dessus des voies, ainsi que la passerelle et les escaliers mécaniques.
Visuel du projet de rénovation de la gare du Nord, à Paris, à l’horizon 2024. C’est le bâtiment surmonté d’un parc paysager qu’il faut construire au-dessus des voies, ainsi que la passerelle et les escaliers mécaniques.  Valode et Pistre

C'est parti pour quatre ans de bruit et de poussière dans les couloirs de la première gare d'Europe. A Paris, la gare du Nord et ses 700 000 voyageurs quotidiens vont vivre une transformation inédite. A l'issue d'un long feuilleton, la Ville de Paris et la SNCF sont finalement tombées d'accord, fin novembre, sur le projet qui vise à agrandir et rénover la gare du Nord d'ici à 2024.

Ce projet à 600 millions d'euros prévoit d'agrandir la gare au-dessus de la partie RER/Transilien, à l'est, pour y faire un nouveau hall de départ des trains, auxquels on accédera par une passerelle et des escaliers mécaniques. L'objectif est, comme dans les aéroports, de séparer les flux de départ et d'arrivée, grâce à ces 54000 mètres carrés de surfaces nouvelles.

Ce projet complexe est porté par StatioNord, société regroupant la SNCF et Ceetrus, une filiale d'Auchan, qui se rémunère en exploitant des surfaces commerciales dans ce nouveau hall de départ. C'est surtout ce point qui avait suscité des oppositions, notamment de la Ville de Paris pendant la campagne municipale.

L'accord finalement trouvé prévoit un hall de départ haut de quatre étages, soit 1,5 de moins que prévu, avec le retrait de 7500 mètres carrés de surface, notamment des espaces de service, la salle de spectacle et des commerces. Le parc paysager sur le toit est, lui, agrandi de 1700 mètres carrés. Et le parc à vélos sécurisé passera de 1000 à 2000 places.

Cet accord trouvé, StatioNord a pu déposer dès le 4 janvier un permis de construire modificatif. Mais sans attendre sa délivrance, les travaux vont pouvoir s'accélérer. « On peut commencer les travaux sur la base du permis de construire initial délivré en juillet. Il le faut pour pouvoir tenir l'objectif des JO 2024 », explique Frédéric Chouzenoux, directeur du développement de StatioNord.

Les usagers de la gare ont d'ailleurs déjà pu le remarquer. Du côté de la gare routière, la « marquise » (le toit des arrêts de bus) a été en partie déposée. C'est en effet de ce côté que les travaux vont commencer. StatioNord va les détailler en présence de la SNCF et de l'architecte Denis Valode, le jeudi 21 janvier, lors d'une réunion publique en visioconférence à 18 h 30. Vous pouvez aussi poser toutes vos questions par mail (à [email protected]). Un nouveau site Stationord.fr sera également lancé avec toutes les infos sur le chantier.

La gare routière chamboulée dès février

C'est par là que vont se poursuivre les travaux. Le nouveau hall des départs sera en effet la prolongation de la gare des bus RATP située le long de la rue du Faubourg-Saint-Denis. La surface de cette gare routière sera réduite de moitié à partir de février-mars, ce qui impose une réorganisation de certaines lignes. La 91, notamment, devrait avoir son terminus sorti de la gare pour être déplacé du côté du boulevard de Denain ou de la rue de Saint-Quentin.

Newsletter L'essentiel du matin
Un tour de l'actualité pour commencer la journée
Toutes les newsletters

Ensuite, les travaux se poursuivront avec la pose des fondations de ce nouveau bâtiment par des poteaux en béton coulés sur les quais. Les travaux commenceront au milieu du printemps par les voies 20 et 21, et se poursuivront jusqu'aux voies 30 à 36. Ce sont ces travaux qui causeront le plus de perturbations pour le fonctionnement des trains, puisqu'il faudra neutraliser des voies. Mais ils auront lieu essentiellement de nuit. « Le bruit sera surveillé en permanence par des micros et il y aura des écrans acoustiques », promet Frédéric Chouzenoux.

Tous ces travaux de fondations s'étaleront jusqu'à fin 2022. A cette date, la dalle sera coulée au-dessus des voies ferrées et, par conséquent, « il n'y aura plus d'interventions ferroviaires à partir de 2023 », indique le responsable de StatioNord. Un objectif à tenir d'autant plus que « septembre 2023 est un point d'attention important avec la Coupe du monde de Rugby », rappelle Frédéric Chouzenoux. 250 000 spectateurs britanniques sont attendus par l'Eurostar. Et les spectateurs passent beaucoup par la gare du Nord pour rallier le Stade de France.

Nouveaux escaliers mécaniques

Côté RER justement, la création de nouveaux escalators est prévue d'ici à 2022 également, entre la mezzanine (le niveau juste au-dessus des quais des RER B et D) et le nouveau hall des départs qui se situe donc au niveau de la gare routière dune part, ou les quais de Transilien de l'autre. « 90 % des voyageurs de la gare du Nord vont gagner du temps », rappelle Frédéric Chouzenoux.

Enfin, dans le hall Transilien, la brasserie L'Etoile du Nord ouverte par Thierry Marx il y a seulement quatre ans va être détruite dans l'année. Et la verrière commencera à être démontée pour être remplacée par un « parapluie » le temps des travaux avant la construction du nouveau bâtiment.

En attendant, il faut prévoir quelques perturbations. « Cela reste un chantier, il n'y en a pas un sans bruit ni poussière, reconnaît Frédéric Chouzenoux. Mais la construction sèche (NDLR : avec des structures métalliques) permet de réduire l'usage du béton et donc les allées et venues des camions. » Dans la gare, outre les écrans acoustiques, « le positionnement de toutes les emprises de chantiers est étudié pour perturber le moins possible les flux de voyageurs », promet-il.