Covid-19 : le SOS des autocars de tourisme franciliens

Venus de toute l’Ile-de-France, près de 300 autocars stationnent ce lundi sur l’avenue Foch. Frappés de plein fouet par les effets de la crise sanitaire, ils réclament un plan de soutien du gouvernement.

 A midi, ce lundi, près de 300 autocars de tourisme d’Ile de France réunis sur l’avenue Foch (Paris, XVIe), ont klaxonné ensemble pour demander un plan de soutien de l’Etat pour leur profession.
A midi, ce lundi, près de 300 autocars de tourisme d’Ile de France réunis sur l’avenue Foch (Paris, XVIe), ont klaxonné ensemble pour demander un plan de soutien de l’Etat pour leur profession.  LP/Sébastian Compagnon

Touristes aux abonnés absents, voyages scolaires annulés, cérémonies et événements privés réduits au minimum… Les autocars de tourisme en Ile-de-France sont frappés de plein fouet par la crise sanitaire du Covid-19 depuis de longs mois. « On pensait que notre activité allait reprendre en septembre… Mais avec le rebond de l'épidémie, il faudra certainement attendre 2021 », constate amèrement Antonio Faria, porte-parole du collectif des autocars indépendants.

Le dirigeant de l'entreprise Monddia France, à Magnanville (Yvelines), participait ce lundi à un rassemblement des autocars sur l'avenue Foch (Paris, XVIe), le même jour que la mobilisation des VTC et des forains. Près de 300 autocars, venus de toute l'Ile-de-France, ont choisi de mener une « manifestation statique », jusqu'à 18 heures, afin d'être entendus par le gouvernement. Pour Antonio Faria et ses collègues conducteurs indépendants, l'heure est grave. « Avec toutes ces annulations, il y a déjà des cars qui sont saisis, des dépôts de bilan… Des chauffeurs de car de tourisme commencent à changer de branche », observe-t-il.

Antonio Faria, porte-parole du collectif des autocars indépendants, ce lundi sur l’avenue Foch à Paris (XVIe)./LP/ Sébastian Compagnon
Antonio Faria, porte-parole du collectif des autocars indépendants, ce lundi sur l’avenue Foch à Paris (XVIe)./LP/ Sébastian Compagnon  

Pour sauver leur activité, les autocars de tourisme réclament des mesures urgentes au Premier ministre Jean Castex. Ils attendent le prolongement du chômage partiel jusqu'à 2021, des aides pour faire face aux lourdes charges (plus de 5000 euros par mois pour un car), et une prolongation de deux ans des crédits garantis par l'Etat.

Une transition écologique complexe et coûteuse

En plus de jouer sa survie, la profession doit faire face à l'interdiction prochaine des véhicules diesel dans les grandes métropoles (2024 à Paris). « Dans le plan de relance et le plan tourisme, nous n'apparaissons pas », déplore Antonio Faria. La conversion écologique des autocars est pourtant un chantier coûteux et complexe. « Les constructeurs ont mis la priorité sur les bus de ville électriques, dont le surcoût est subventionné. Nous, nous n'avons aucune aide. Aujourd'hui, nous sommes endettés, les véhicules récents ne seront pas amortis et ils décotent très vite...»

Pire : les modèles d'autocars propres (à gaz ou hybrides), capables de réaliser de longues distances, sont quasiment inexistants dans les catalogues des constructeurs. « La piste des biocarburants de synthèse (HVO) est pourtant intéressante », souligne Antonio Faria. Mais cette technologie dite du « diesel bleu » n'est pas encore reconnue en France.

En plus de faire face à une chute historique de son chiffre d'affaires, la profession doit donc se préparer à relever les défis du futur. Un chantier colossal, qui ne pourra pas être mené à bien sans un soutien des pouvoirs publics.