Coronapistes : les départements d’Ile-de-France où ça roule pour les cyclistes

Le collectif « Vélo en Ile-de-France » lance ce jeudi une carte des pistes cyclables temporaires conservées ou supprimées en fonction des départements.

 Le collectif fait la promotion des coronapistes dans les Hauts-de-Seine, en particulier sur le pont de Neuilly, où circulent quelque 6000 véhicules jours selon un comptage du collectif
Le collectif fait la promotion des coronapistes dans les Hauts-de-Seine, en particulier sur le pont de Neuilly, où circulent quelque 6000 véhicules jours selon un comptage du collectif LP/David Livois

Elles avaient été créées à la hâte, pour permettre aux Franciliens de se rendre au travail en vélo plutôt qu'en métro. Mais sans trop savoir combien de temps elles survivraient. Six mois après leur création, les pistes cyclables temporaires - ces fameuses « coronapistes » - tiennent bon en Ile-de-France. Et pour le prouver, le collectif Vélo en Ile-de-France lance ce jeudi, un observatoire des coronapistes.

En ligne, sont affichées en temps réel celles qui ont été maintenues, pérennisées ou supprimées sur l'ensemble de la région et dans chaque département. Avec à chaque fois, pour une piste supprimée, les raisons invoquées par les départements ou communes. « C'est un outil qui nous permet de dire aux collectivités que l'on suit leurs engagements », détaille Louis Belenfant, directeur du collectif.

Premier enseignement de cet observatoire : sur 165,45 kilomètres de piste créés, seuls 18,61 kilomètres ont été à ce jour supprimés. « Tout le monde dit que les coronopistes ne sont plus là, mais on constate que c'est faux et que la dynamique est plutôt positive », analyse-t-il encore.

Les Hauts-de-Seine talonnent Paris

Autre surprise, le classement. Si Paris arrive en tête avec 42,63 kilomètres de coronapistes réalisés et maintenus, les Hauts-de-Seine talonne la capitale de très près, avec 40,1 kilomètres pérennisés et 1,41 kilomètre supprimés. « C'est la grande surprise, on a constaté un changement de braquet, poursuit Louis Belenfant. Il y avait un certain retard mais à la faveur du déconfinement, les Hauts-de-Seine ont créé les infrastructures ». Et les pistes du 92 sont particulièrement prisées. Par exemple, 6000 cyclistes empruntent en moyenne chaque jour celles du Pont de Neuilly-sur-Seine.

Coronapistes : les départements d’Ile-de-France où ça roule pour les cyclistes

« La création de pistes cyclables résulte d'une volonté affirmée du Département des Hauts-de-Seine […] soit 120 kilomètres de cheminements cyclables ont été aménagés en vingt ans, en priorité là où ils étaient faciles, rectifie-t-on au conseil départemental, avant le confinement, le Département avait notamment en études 58 aménagements de voirie comportant des cheminements cyclables ».

Près de la moitié des pistes supprimées dans le Val de Marne

À l'inverse, le Val-de-Marne, d'habitude plutôt en avance sur les thématiques des transports, affiche le plus mauvais score de petite couronne avec 15,05 kilomètres de pistes conservés et 11,55 km, supprimés. Pourtant, au conseil départemental, on assure « travailler depuis plusieurs années à la construction d'un réseau cyclable confortant et sécurisant les parcours des cyclistes […] de 521 kilomètres et dont 247 kilomètres réalisés ». Tout en listant les problématiques rencontrées dans le Val-de-Marne, telles que « les franchissements de seine et les carrefours dangereux », sur le Pont Mandela ou de Nogent-sur-Marne. Quant aux retraits de pistes à Créteil et Saint-Maur, on précise que « certains tronçons moins fréquentés ont fait naître de nombreuses plaintes des automobilistes aux équipes municipales ».

La grande couronne, à la traîne

Enfin, sans grande surprise cette fois, en grande couronne, le déploiement est anecdotique voire inexistant malgré la taille des départements. « Les distances sont beaucoup plus importantes et la voiture reste encore très compétitive », reconnaît le directeur du collectif.

Ainsi, le Val-d'Oise a créé 12,08 kilomètres de voies (mais en a supprimé 2,24 kilomètres). L'Essonne, 8,64 kilomètres, les Yvelines : 4,89 kilomètres et rien en Seine-et-Marne. « Ce sont plutôt les agglo qui ont créé des projets. Pourtant, on sait qu'il y a un grand potentiel de rabattement sur les gares. Cela pourrait être très efficace et pratique. Mais il faudra sans doute encore du temps », estime Louis Belenfant.

Le département de Seine-et-Marne s'en explique : « Effectivement la collectivité n'a pas réalisé de pistes temporaires. Mais nous avions déjà entamé avant la crise sanitaire une réflexion sur sa politique cyclable ». Un plan vélo a été adopté en juin 2020 dans ce département.