A Paris, le couvre-feu (presque) sans effet sur la circulation

Les premiers comptages montrent que le nombre de véhicules a peu évolué avant et après 18 heures depuis l’instauration de la restriction des déplacements.

 Après 18 heures, la baisse de trafic est minime, d’environ 10% seulement.
Après 18 heures, la baisse de trafic est minime, d’environ 10% seulement. LP/Olivier Lejeune

On attendait un effet couvre-feu! L'avancée de l'interdiction de se déplacer à partir de 18 heures (au lieu de 20 heures auparavant) décrétée le 16 janvier dernier, devait forcément entraîner une baisse sensible de la circulation sur les routes d'Ile-de-France.

En fait non ! Ceux qui prennent la route au quotidien le vérifient aisément depuis dix jours. Si les embouteillages sont de retour le matin aux heures de pointe, le passsage du couvre-feu à 18 heures le soir ne s'est en revanche pas accompagné de l'avancée des pics de circulation prévue. Et les données recueillies par l'équipe Data du Parisien à partir des comptages de plusieurs capteurs parisiens le confirment.

A Paris, le couvre-feu (presque) sans effet sur la circulation

En comparant la circulation moyenne comptabilisée sur les principaux tronçons à l'intérieur de Paris, ainsi que sur huit points de comptage du périphérique dans les deux sens de circulation, le 8 janvier 2021 d'une part, et le 22 janvier d'autre part, donc avant et après la mise en place du couvre-feu à 18 heures, on voit que les différences sont minimes.

«Même si on finit de travailler pas trop tard le soir, il faut bien rentrer chez nous...»

On constate sur notre graphique, que sur les axes les plus empruntés dans Paris intra-muros, le même nombre de véhicules circulait entre 17 heures et 18 heures, tandis qu'à partir du couvre-feu, on comptait en moyenne 150 véhicules en moins en moyenne entre 18 heures et 19 heures, soit une baisse de seulement 9%.

Sur le périphérique, par rapport au vendredi 8, on enregistre bien une baisse à partir de 17 heures, mais celle-ci, environ de 10%, reste somme toute peu importante.

Les automobilistes grands-parisiens font-ils preuve d'incivilité pour autant en continuant à rouler au delà de l'heure de couvre-feu? Les quelques contrôles effectués semblent montrer que la plupart des personnes qui prennent le volant tardivement disposent d'une attestation de déplacement de leur employeur. « Même si on finit de travailler pas trop tard le soir, il faut bien rentrer chez nous », souligne Pierre-Yves, 55 ans, qui fait le trajet Meaux-La Défense au moins trois fois par semaine. Entre 1 heures et 1h30 de trajet le soir. Tout comme une bonne partie de travailleurs franciliens.