Sur le marché de Suresnes, on ne plaisante pas avec le protocole sanitaire

Face à l’affluence sur le marché alimentaire, la municipalité des Hauts-de-Seine a renforcé les mesures pour mieux gérer les flux et limiter les risques de propagation du Covid-19.

 Suresnes, ce samedi matin. Les mesures sanitaires ont été renforcées sur le marché Zola, avec désormais quatre points de filtrage à l’entrée.
Suresnes, ce samedi matin. Les mesures sanitaires ont été renforcées sur le marché Zola, avec désormais quatre points de filtrage à l’entrée. LP/Anne-Sophie Damecour

Filtrage des entrées avec passage obligatoire par l'étape gel hydroalcoolique. Ce samedi matin, les habitants de Suresnes (Hauts-de-Seine) font la queue pour entrer sur le marché Zola, désormais réservé aux seuls produits alimentaires depuis que le reconfinement a été annoncé le 28 octobre. « Cela manque de fleurs et de vêtements, mais comme ça, on perd moins de temps », estime Julia, 39 ans, derrière son masque coloré.

Pourtant, beaucoup habitants semblent plutôt enclins à traîner un peu, pour profiter des rayons de soleil et discuter avec des connaissances rencontrées entre les carottes et le poulet rôti. « Prendre l'air, ça fait vraiment du bien, souffle Léonie, 76 ans, qui vit seule. Et puis voir du monde, parler avec les commerçants, c'est mon petit plaisir de la semaine puisque je ne sors que pour faire le marché ».

Sa fermeture, en mars, avait été très contestée

Lors du premier confinement, en mars, les marchés avaient du fermer, fragilisant les commerçants et rompant un lien social essentiel pour les personnes âgées notamment. « Nous avions beaucoup contesté cette fermeture à l'époque, rappelle Guillaume Boudy, le nouveau maire (LR) de Suresnes, qui était alors candidat aux municipales. Pour nous, il est plus sécurisant d'avoir un marché à ciel ouvert avec certes des restrictions et une organisation un peu contraignante, que d'envoyer les habitants dans des supermarchés clos et bondés », ajoute l'édile, qui réitère son soutien aux petits commerces.

Et la ville assure s'améliorer au fil des semaines : le week-end dernier, il n'y avait qu'une seule entrée et une sortie, obligeant les habitants à faire des détours. Ce samedi, ce sont quatre points qui ont été installés avec barrières et agents de sécurité pour assurer le filtrage. Et un passage de la police municipale pour s'assurer que les petites grappes d'habitants papotant derrière leurs masques ne s'éternisent pas trop longtemps.

« Comme si un filtrage et quelques barrières allaient empêcher le virus de circuler… »

« C'est sûrement la moins mauvaise solution, estime Isabelle, la soixantaine, ravie de voir un peu d'agitation. On ne se sent absolument pas en insécurité en venant sur le marché, ajoute-t-elle. Mais pour ceux qui trouvent que cela brasse trop de monde, il suffit de venir à 9 heures… »

En cette fin de matinée, les files d'attente devant les étals protégés par du film transparent s'allongent, jusqu'à quinze personnes chez le poissonnier. Et les habitants respectent les distances, évitant soigneusement de se coller. « Chacun doit être responsable, on sait ce qu'il faut faire », estime Cécile, 53 ans.

Pour d'autres, ces mesures sont considérées toujours plus restrictives. « Honnêtement, je trouve tout cela complètement inutile, s'agace Victoire, 60 ans et qui habite la ville depuis 1989. Comme si un filtrage et quelques barrières allaient empêcher le virus de circuler. Cela ne me rassure pas du tout ».