Pontoise : la manifestation des catholiques interdite par la préfecture

Les Chrétiens du département comptaient se rassembler devant la cathédrale Saint-Maclou pour réclamer le droit d’assister de nouveau à des messes malgré le reconfinement.

 La cathédrale Saint-Maclou à Pontoise ne devrait pas voir de croyants se rassembler sur son parvis ce dimanche.
La cathédrale Saint-Maclou à Pontoise ne devrait pas voir de croyants se rassembler sur son parvis ce dimanche. LP/Marie Persidat

Alors que de nombreux rassemblements de Catholiques doivent avoir lieu tout au long du week-end, le parvis de la cathédrale Saint-Maclou à Pontoise restera vide. À leur tour, les croyants du département avaient pourtant bien l'intention de manifester leur attachement à la messe ce dimanche à partir de 15 heures. Une demande avait été formulée en ce sens auprès de la préfecture du Val-d'Oise.

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Mais les services de l'Etat n'ont pas autorisé ce rassemblement. « Nous devions être une centaine maximum et rester une heure dans le respect des distances de sécurité », indique Nathalie Thomas présidente de l'association familiale catholique du Vexin qui avait déposé la demande. « Mais la réponse de la préfecture est assez argumentée, il semble que le virus circule de manière très forte dans le Val-d'Oise. Nous ne sommes pas des hors-la-loi, nous voulions juste nous exprimer.

« Trois semaines que nous n'avons pas de messe »

Les croyants ne braveront pas l'interdiction et ne se retrouveront donc pas sur le parvis. Ce qui n'empêche pas l'inquiétude de monter au sein de la communauté. L'idée de la manifestation de dimanche n'est d'ailleurs pas née uniquement à Pontoise mais a pris corps suite à des discussions entre catholiques de différentes paroisses, comprenant également L'Isle-Adam et Parmain. « Cela fait maintenant trois semaines que nous n'avons pas de messe, et cette interdiction nous touche au cœur », explique Nathalie Thomas. À l'heure actuelle, seuls de tout petits rassemblements ont lieu ici ou là au sein des églises.

Une poignée de fidèles, mis au courant par le bouche-à-oreille, se retrouvent alors pour des moments de prière, et peuvent parfois recevoir la communion. Une maigre consolation pour certains croyants. « La messe est une progression, on se prépare en chantant des louanges, on écoute la parole de Dieu et ensuite on communie, cela forme un tout », détaille la présidente de l'association familiale catholique.

Célébration des messes en ligne

« Et puis il y a le fait d'être ensemble, la joie du partage n'est plus là. » De nombreuses paroisses proposent au moins aux fidèles d'assister à la messe en direct via les réseaux sociaux. La basilique Saint-Denys d'Argenteuil, qui propose une diffusion en haute définition, va même plus loin. Chaque dimanche après-midi elle ouvre ses portes et expose le Saint-Sacrement. Les croyants qui font le déplacement ont alors la possibilité de se confesser et de recevoir l'Eucharistie entre 14 heures et 20 heures.

Alors que des mesures de déconfinement pourraient être annoncées pour le 1er décembre, les catholiques expriment cependant leur souhait de pouvoir retrouver des célébrations quasi-normales. « Cela fait déjà plusieurs mois que nous portons le masque et espaçons les chaises d'1,50 m dans les églises, on ne peut pas dire que la messe ainsi célébrée présente des risques de contamination. »

Et même si les contraintes sanitaires étaient un peu allégées, reste le poids du plan Vigipirate. Les fidèles craignent qu'après les derniers attentats commis dans un contexte religieux, les pouvoirs publics ne décident de protéger les croyants à tout prix, quitte à continuer d'interdire. « Certains Chrétiens ont peur que notre liberté de culte soit grignotée peu à peu », souligne Nathalie Thomas. « Cela fait mal au cœur, encore plus à une période durant laquelle nous avons besoin d'entendre parler de messages de fraternité et de paix. »